‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 17 sur 194 · Cestre, p. 109. — Letters, p · texte numérisé non relu

Cestre, p. 109. — Letters, p

A L'UNIVERSITÉ. 4i

nouvelle. Nous n'avions pas besoin de l'avoir devant nous pour la discuter. Coleridge Tavait lue dans lamatinée et dans la soirée il nous en répétait des pages entières mot pour mot *. » Il va sans dire que dans l'Université officielle, c'était la réaction contre la Révolution qui triomphait. Le sujet du Iripos (concours littéraire) pour Tannée 1793 fut « les Troubles en France, on exhorte l'Angleterre à étouffer la Révolution ». Les autorités universitaires, qui avaient le corps de police à leur disposition, fermèrent les yeux aux violences populaires qui, à Cambridge comme à Birmingham, s'exercèrent contre les dissidents et les réformistes. Parfois elles les encouragèrent. Pitt était * le représentant de Cambridge au Parlement et fut chargé de présenter au roi une adresse dans laquelle « le vice chancelier, les professeurs et les étudiants demandaient humblement la permission d'exprimer leur extrême satisfaction des mesures salutaires prises par Sa Majesté pour décourager et détruire les perverses tentatives des ennemis de la Constitution^ ».

Naturellement, par esprit d'opposition, beaucoup d'étudiants avaient des idées avancées. « Avez-vous lu la lettre de M. Fox aux électeurs de Westminster, écrit Coleridge à Mary Evans, c'est tout à fait ce qui donne le ton politique, à Cambridge, et cela a converti beaucoup d'âmes à la foi Foxienne ^ »

Mais Coleridge devait aller plus loin que Fox qui, prudent, faisait prévenir le ministre de France à Londres, Chauvelin, dès novembre 1792, « qu'il serait très embarrassé que la Convention l'honorât du titre

1. Souvenirs de G.-V. Le Grice (camarade de Coleridge à Ghrist's Hospitai et à Jésus Collège) dans le GenllemarCs Magazine^ 1834, ou Gillmann, p. 53.

^. Voir Cestre, p. 110 et n. pour les témoignages.

Page 1