Robinson's Diary, t. U, p. S (1825); t. II, p
340 S. T. COLEBIDGE.
brillantes, on sentait l'âme blessée fuyant TeflEort, fuyant avant tout la solitude. Dans un tel état d'esprit, la lecture même était difficile, et l'abondance des annotations à des livres qui datent de Uighgate en est une preuve. Coleridge annote pour se dispenser de lire, exprime à tout propos la pensée qui lui vient, une critique, un éloge, un rapprochement, comme pour ne pas suivre la pensée du livre. Beaucoup de ces livres sont annotés seulement au commencement, ce qui semble prouver qu'il ne les- a pas lus jusqu'à la fin, surtout ceux de philosophie. La manie d'annoter paraît correspondre exactement au monologue discontinu dans la conversation. Elle consiste en somme à ne pouvoir suivre la pensée d'un autre, ni sa propre pensée. Pour comprendre Coleridge dans ces moments-là, il faut songer que tout cela n'était que divertissement, au sens de Pascal, qu'il ne causait et ne travaillait que pour s'étourdir, du moins dans les premières années de Highgate, avant que sa vie n'eût pris une direction nouvelle et dernière *.
En 1819, il était si pauvre qu'il ne pouvait réunir assez d'argent pour envoyer son second fils, Derwent, à Oxford. Un de ses éditeurs l'avait volé, et l'autre venait de faire faillite. Non seulement il n'avait rien reçai pour ses publications, mais il était obligé de les racheter. De nouveau, il était obligé d'emprunter....
En 1820 un malheur bien plus cruel lui était arrivé. Son fils aîné Hartley, en qui il avait mis toutes ses espérances, en qui il s'était plu à noter dès l'enfance des dispositions extraordinaires, qu'il avait élevé luimême, autant qu'il le pouvait avec sa vie errante, lui avait donné toute satisfaction jusqu'à son entrée au collège à Oxford. A treize ans, il le trouvait « vrai-