‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 181 sur 194 · Alisop, p · texte numérisé non relu

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et les grands principes de la religion auraient été les mêmes, si le Christ n'avait jamais revêtu l'humanité. (( Si je n'étais chrétien, et cela, dans le sens seulement où je suis chrétien, je serais athée avec Spinoza*. » La religion de Coleridge sera une religion de l'esprit.

A ce moment, non encore arrivé à une complète orthodoxie (un esprit aussi indépendant s'y enfermera-t-il jamais?), il estiaurtout frappé, au point de vue des faits, du manque d'esprit religieux chez les plus religieux de ses contemporains, chez un Words- Avorlh, chez les ministres mêmes de la religion. Contre la religion vulgaire, les arguments d'un Byron portent terriblement. Il faut autre chose, une relig^ion vivante *.

Cette période critique, que nous connaissons surtout par ses conversations avec Allsop, est aussi celle où il connut Edward Irving^ de l'église presbytérienne

d'Ecosse, qui tentait de faire de son côté ce que Coleridge voulait faire pour l'Église d'Angleterre, et qui n'aboutit qu*à fonder une secte nouvelle. C'était un apôtre, qui paraissait presque théâtral, tant il était violent dans ses sermons. On le comparait pour l'apparence extérieure à un bandit italien ou à saint Jean-Baptiste dans le désert. Il dénonçait la tiédeur et l'indifférence et prêchait la venue du Messie, avant quarante ans. On courait à ses sermons par curiosité, pour entendre un charlatan, et on était séduit par sa sincérité folle. Coleridge, qui tenait avant tout à se rattacher à une tradition, se sépara bientôt de lui*. Il ne s'agissait pas de joindre un nouveau Messia-

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