‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 33 sur 194 · LetterSy p · texte numérisé non relu

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.3. Id., p. 19.

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déconcerter Southey, qui né riait pas. Mais Coleridge ne s'en apercevait pas, sa pensée était ailleurs, et il adorait en lui Tinventeur de la Pantisocratie.

Southey avait déjà recruté des adhérents avant rarrivée de Coleridge à Oxford, mais comme Targent manquait et qu'on ne pouvait rien faire encore, Coleridge alla y songer en faisant un voyage à pied dans le pays de Galles. Il revint à Bristol chercher Southey et, passant par le Somersetshire pour voir un futur adhérent, il y fît la connaissance d'un homme qui devait être sa providence pendant bien des années, l'honnête Thomas Poole, le futur ami de Wordsworth, un type idéal du campagnard anglais éclairé, plein de sens pratique et d'énergie, avec assez de bonté pour se plaire au milieu de tous ces fous de poètes *. Voici comment il donne ses premières impressions sur eux :

(( Coleridge parle avec beaucoup d'éloquence et d'énergie, et avec une facilité peu cqmmune, mais il a éprouvé la justice de la Providence en ceci, qu'il lui manque ces capacités d'ordre inférieur qui sont nécessaires à la pratique rationnelle des devoirs ordinaires de la vie. Les aberrations de sa prudence, pour me servir de sa propre expression, ont été grandes, mais il promet maintenant d'être aussi sage et rationnel que ses plus sages amis pourraient le désirer. En religion il est unitaire, sinon déiste, en politique, démocrate dans toute l'acception du mot, Southey est plus violent encore dans ses principes que Coleridge lui-même. En religion, je crains bien qu'il n'oscille entre le déisme et l'athéisme ^. »

1. Voir Legouis, p. 375; Mrs. Sandford, Thomas Poole and his Friends et le bel hommage rendu à Poole par Coleridge, à la fin de sa vie, dans une note à Church and State, p. 98.

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