‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 66 sur 194 · E.-V. Lucas, p. 21 (4 déc · texte numérisé non relu

E.-V. Lucas, p. 21 (4 déc

homme sensé, lui écrivit une lettre exposant toutes les objections à un projet auquel il voulait bien collaborer, mais dont il ne voulait pas prendre la responsabilité, Coleridge lui répondit par une kyrielle de plaintes. Il ne souffre plus autant, il n'écrit plus (( sous l'inspiration immédiate du laudanum », il ne court plus (( tout nu dans sa maison, presque frénétique, essayant, par tous les moyens d'excitef des sensations dans les différentes parties du corps et d'affaiblir ainsi l'ennemi en le divisant », mais il ne veut pas voir d'objections au plan dont il s'est entêté pour la moment *. Un cottage fera son affaire, il n*a pas besoin de domestiques, il travaillera h^ès dur. Ses habitudes et ses sentiments ont subi une tranformation totale; il hait la société, excepté celle des amis intimes, et l'évite systématiquement, et (( quand il est en société garde le silence autant que l'humanité et les sentitiments sociaux le lui permettent ». Que de nouveautés en quelques lignes! Mais l'homme est bien resté le même *.

Dans la même lettre il affirme qu'à Bristol, Cottle et le Rev. Estlin sont prêts à lui rendre service, et il se reprend pour ajouter qu'ils ne peuvent rien faire pour lui. Quand on lui demande comment il pourra vivre sans compagnie, il répond superbement : « J'aurai six compagnons : ma chère Sara, mon petit enfant, mon propre esprit créateur et chercheur, mes livres, mon cher ami Thomas Poole et enfin la Nature me regardant avec mille regards de beauté et me parlant avec mille mélodies d'amour ». Il ne faut pas lui parler d'un autre endroit sur terre que Stowey, il veut y vivre du produit de son jardin et consacrer les soirées

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