‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 67 sur 194 · Id.y p · texte numérisé non relu

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124 S. T. GOLERIDGE.

à k littérature. Le plan est praticable, facile. Des amis Tont trouvé non seulement d'une* haute vertu mais d'une haute prudence. Il n'aura rien à demander à ses amis, ni argent, ni protection, « car un soulagement passager de mes besoins n'est rien, ne fait pas disparaître la torture deTanxiété, et abaisse la dignité de rhomme ». S'il n'accomplit pas sou projet il ne lui resterçlit plus qu'à fonder un collège ou à écrire dans les journaux. « Je ne pourrais jamais aimer l'homme qui me le conseillerait. Il faudrait qu'il eût un cœur sans pitié. » Coleridge, dans la lettre que nous analysons, perd complètement de vue la réalité et sur la simple idée de l'incertitude du métier littéraire, voit des fantômes, ceux d'Otway et de Chatterton, une femme mourant de chagrin, un enfant criant de faim. (( L'horrible ligure de la Folie me regarde en face, )) écrit -il. A la fin de la lettre il est calmé, il annonce que Lloyd, dont il ne voulait plus, viendra avec lui. Mais la littérature sera toujours au second plan dans ses préoccupations. « Ma vanité poétique et ma fureur politique se sont exhalées, et j'aimerais mieux être un jardinier expert et suffisant lui-même à ses besoins qu'un Mil ton.... En vérité, en vérité, je suis bien misérable *. »

Là-dessus il va écrire à Thelwall, quelques jours après, une lettre qui est un volume de dissertations littéraires, philosophiques et religieuses. A lui aussi il annonce son intention de consacrer ses soirées seulement à la littérature, mais comme on sent déjà que la résolution de vivre un peu moins dans les rêves et dans les livres ne sera pas durable I

Pourquoi rapporter toutes ces petitesses, ces contradictions, ces hésitations, ces misères? Est-ce, pour

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