‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 79 sur 194 · Voir sur ce point Legouis, p. 431 et suiv · texte numérisé non relu

Voir sur ce point Legouis, p. 431 et suiv

que ce qu'ils voient ne peut être réel. Coleridge luimême s'est expliqué là-dessus avec beaucoup de clarté.

La pensée se présenta à nous (auquel d'entre nous, je ne me le rappelle pas) de composer une série de poèmes de deux sortes. Dans les uns, les incidents et les agents seraient, en partie au moins, surnaturels, et l'excellence qu'on se proposait d'atteindre devait consister à intéresser l'émotion par la vérité dramatique des sentiments qui accompagneraient naturellement de telles situations, en les supposant réelles. Et réelles, en ce sens, elles l'ont été pour tout être humain qui, par suite d'une erreur des sens quelconque, s'est cru à un moment quelconque sous l'empire d'une puissance surnaturelle. Dans les poèmes de l'autre classe, les sujets seraient pris dans la vie ordinaire ; les caractères et les incidents seraient ceux qu'on peut rencontrer dans tout village et dans son voisinage, là où il existe une âme méditative et sensitive pour les rechercher, ou pour les remarquer quand ils se présentent... Cette idée fut le germe des Ballades lyriques^ et il fut entendu que mes efforts tendraient à représenter les personnages et les caractères surnaturels ou du moins romantiques ef cependant de telle manière que j'y fisse passer de notre nature intérieure un intérêt humain et une apparence de vérité suffisante pour obtenir pour ces fantômes de l'imagination cette suspension volontaire de la non-croyance qui constitue la foi poétique... C'est dans cette intention, que j'écrivis le Vieux Marin... *.

Ainsi Coleridge, revenant plus tard, en théoricien, sur l'origine de ses œuvres, crut les avoir composées suivant la théorie :

Que le champ propre de sa poésie était le surnaturel ;

Que rintérêt du surnaturel était psychologique.

On peut tout aussi bien croire que la théorie a été

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