Tahle Talk, 31 mai iSlJO, p
148 S. T. COLBRIDGE.
remarquer que ce travail a été conscient, qu'il s'agit ici de la représentation artistique du rêve, et non pas d'un rêve qui aurait été rapporté tel à peu près qu'il aurait été fait par le poète '.
Un autre poème de Coleridge nou^ donne un exemple de ce dernier cas, c'est le superbe fragment intitulé Kuhla Khan, qui ne fut publié qu'en 1816, avec Christabel, mais qui date à peu près de la même époque que le Vieux Marin.
Les circonstances dans lesquelles Coleridge Ta composé valent la peine d'être rapportées entièrement d'après lui-même ^
Le fragment qui suit est publié à la demande d'un poète très célèbre et qui mérite sa célébrité % et publié, en ce qui concerne l'opinion de l'auteur lui-même, plutôt comme curiosité psychologique qu'en raison du mérite poétique qu'il pourrait lui supposer.
Pendant l'été de 1797*, l'auteur, alors en mauvaise santé, s'était retiré dans une ferme solitaire entre Porlock et Linton, dans la partie des comtés de Devon et Somerset qui touche à l'Exmoor. Par suite d'une légère indisposition, un calmant lui avait été ordonné. L'effet en fut qu'il s'endormit dans son fauteuil en train de lire dans le Pèlerinage de Purchas la phrase suivante, dont voici du moins le sens : « Ici le Khan Khubla fît bâtir un palais avec un jardin splendide. Et ainsi dix mille carrés dé terre fertile furent enclos d'un mur '. »
1. Voir R. Garnett, Notes à son édition des Poems of S. T. Coleridge, p. 283, et rédition Campbell, p. 593, pour les extraits des voyages de Shelvocke (1726) et de Thomas James (1633); Pour les superstitions sur les oiseaux de mer, voir aussi Moreau de Jonnès, Aventures de guerre (1838), t. II, p. 87.
2. Note précédant le poème dans l'édition de 1816, reproduite dans Campbell, P. W., 592.
3. Ce poète est Byron, voir Lamb's Letters, t. I, p. 303; E.-H. Coleridge, The La/ce Poels in Somersetshire, p. 22-23.
4. En réalité, 1798 (Campbell, P. W.,xui, n.; E.-H. Coleridge, ibid. et Le tiers, p. 245 n.).