‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 82 sur 194 · Le passage de Purchas his Pilgrimage, London, 1626, f · texte numérisé non relu

Le passage de Purchas his Pilgrimage, London, 1626, f

LA POKSIE NOUVELLE. 149

L*auteur resta environ trois heures dans un profond sommeil, au moins des sens externes, et pendant ce temps il est persuadé, autant qu'on peut l'être, qu'il n'a pas dû composer moins de deux à trois cents vers, si en vérité on peut appeler 'composition un état dans lequel toutes les images apparaissaient devant lui comme des objetSy en produisant parallèlement les expressions correspondantes, sans aucune sensation ni conscience d'effort.

A son réveil, il lui sembla avoir gardé un souvenir distinct du tout, et prenant sa plume, son encre et son papier, il se mit immédiatement et avec passion à écrire les vers qu'on va lire. A ce moment, malheureusement, il fut appelé hors de la chambre par une personne venue pour affaires de Porlock, et retenu plus d'une, heure par elle. A son retour dans la chambre il s'aperçut à sa grande surprise et à son grand regret que, quoiqu'il eût conservé une espèce de souvenir vague et confus du thème général de la vision, à l'exception de huit ou dix vers ou images éparses, tout le reste avait disparu comme les images sur la surface d'un cours d'eau dans lequel une pierre a été lancée, mais, hélas! sans revenir comme elles !

■ Si le récit de Golcridge est vrai, et il n'y a pas de

raison sérieuse d'en douter, nous avons là un exemple

unique peut-être dé création poétique dans le rêve et

sous l'influence de l'opium. Il n'y a peut-être pas de

plus parfait exemple de poésie musicale. Mais le fond

même n'est peut être pas aussi incohérent qu'il paraît

d'abord. Le poète est, et nous met sous l'influence

d'ua chant magique entendu en rêve. La première

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