‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 85 sur 194 · Campbell, n. à P. W · texte numérisé non relu

Campbell, n. à P. W

influence, qu'il ouvrait les intelligences et les cœurs. Son poème adressé à Lamb lors de sa visite (This Limetree Bower my prison) exprime une vraie tendresse d'amitié, mais avec une simplicité qui est nouvelle. Il est intéressant aussi comme développement du thème de Taction morale de la nature, que nous avons vu indiqué dans les poèmes de la lune de miel. On a voulu y voir une preuve de Tinfluence de Wordsworth, mais le thème est traité dans une manière toute différente de celle de Wordsvorth, même avec une réminiscence de la philosophie de Berkeley que Wordsworth n'aurait jamais songé à introduire dans un poème K Ce qui serait plus wordsworthien ce serait la délicate peinture de la « salle d'ombrage », comme on disait en France vers ce temps -là :

pâli par la lumière éclatante e rideau du feuillage m'apparaissait transparent, et je

[regardais avec attention Une feuille large touchée du soleil et j'adorais voir L'ombre de la feuille et du pétiole d'au-dessus Divisant la tache de lumière. Et ce noyer [nement

Comme les teintes en étaient riches, et comme le rayon- Portait en plein sur le lierre antique qui envahit ces Maintenant sa masse d'un noir profond [ormes !

Fera paraître moins noires leurs branches sombres Jusqu'à la fin du crépuscule : et quoique la chauve-souris Tourne maintenant silencieuse autour de nous et qu'au-

[cune hirondelle ne gazouille plus Le* bourdon solitaire -chante encore sur les fleurs des

[fèves ! '^

(( Pas un bruit qui parle delà Vie n'est dissonant. » La philosophie de ce poème est d'une si douce

1. Vers 38, 43. La réminiscence de la philosophie de Berkeley a été signalée par Goleridge lui-même. {Lettei^s^ p. 226, n.)"

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