‹ La vie d'un poète: Édouard TurquetyChapitre 23 sur 64 · Mellinet, 1830, in · texte numérisé non relu

Mellinet, 1830, in

EDOUARD TURQUETY iÛ7

qu'on n'écrit pas ; — et quels nouveaux deycirs, mon ami ! Il né m'est plus permis de perdre mon temps à de suaves illusions : mon enfant aura besoin d'un protecteur, d'un ami : il faudra travailler pour lui. — Puis la vieillesse viendra, douce et entourée de souvenirs, je l'espère, mais plus froide, recherchant plus le soleil du corps que celui de l'âme... Oh ! mon ami, quand toutes ces pensées descendent comme un nuage glacé sur notre tête, l'imagination se rafraîchit bien vite ; les pensées de feu s'éteignent. Vous arriverez là : alors votre jeunesse vous paraîtra comme l'orage d'une nuit d'été, chaud et entrecoupé d'éclairs. Pourvu qu'il nous reste dans cet âge plus avancé des yeux capables de se mouiller et des mains qui sachent encore étreindre une autre main, ce sera assez : nous aurons encore ce qu'il faut d'âme pour être heureux *...

Hélas ! ces chastes joies qui devaient inspirer à Turquety de pénibles retours sur sa propre situation, ces joies qu'il avait chantées, furent de courte durée. Deux tombes s'ouvrirent à quelques mois d'intervalle, d'abord pour la jeune femme, puis pour le fils né de cette courte union.

Pour s'arracher à la triste pensée de ce complet isolement, Souvestre prit la direction du Lycée armoricain, Revue de VOuest, et réclama instamment la colloboration de son ami :

Il faut que vous en deveniez rédacteur avec moi : il n'y entrera pas de politique : c'est un recueil pour les femmes et pour les enfants ; virginibus puerisque canto.

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