Nous devons ce renseignement à M. du Breil de Marzan
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sentiment passionné mais austère et sombre. « ('/est bien catholique, écrivait-il lui-même à cette époque, c'est-à-dire c'est le côté sévère de nos croyances que j'ai retracé avec le plus de chaleur 1 ». « Ce recueil, écrivit-il plus tard, improvisé comme une prière et, je puis le dire, avec la même ferveur, je l'ai écrit en automne et en hiver, en parcourant des campagnes dépouillées ou dans ma chambre, au bruit des vents qui secouaient ma fenêtre. Les teintes d'un ciel triste s'y retrouvent donc avec une sorte d'écho des tempêtes qui m'environnaient. Je donne ces détails pour préparer le lecteur à ce que ces pages ont de continuellement désolé 2 . » Le poète nomme encore l'amour :
Amour, parfum du Ciel,
Aloës ou cirmame, Fleur qu'on aime à cueillir dans les jardins de l'âme, Oh ! verse sur nos fronts un peu de ton doux miel, Amour, trésor d'en haut que la terre réclame,
Amour, parfum du Ciel !
Mais qui veut-il aimer? Ceux qui souffrent, les pauvres d'abord, et les riches aussi :
Qui sait si pour cacher quelque angoisse profonde, Leur main n'emprunte pas le masque du bonheur ?
i. Lettre à Désiré Carrière, 7 juin 1836.
2. Nouvelle préface (édition de 1846, Œuvres complètes, p. 112.)
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Oh ! que l'amour est doux ! que sa force est divine I Que ne puis-je, 6 mon Rédempteur,
De tous les cœurs souffrants ne former qu'un seul cœur, Pour l'étreindre sur ma poitrine * !
La préface (27 mars 1836) fut, comme celle d'Amour et foi, un cri de l'âme et une affirmation énergique des convictions catholiques de l'auteur : « Il ne s'agit plus aujourd'hui de l'art religieux, mais uniquement de l'art catholique. Il est temps que la foi et la poésie se lient entre elles par une communion indissoluble. Il faut que ces deux nobles sœurs, trop longtemps désunies, marchent désormais de front sous la même bannière, en invoquant la même parole, celle de l'Eglise, épouse du Christ.» Il dit hautement qu'il a voulu amener la poésie au catholicisme qui n'a pas de poète. Remarquons en passant qu'il évita de prononcer le nom de Lamartine pour ne pas avoir à le blâmer.
Poésie catholique fut aussi un succès pour Turquety : ce recueil lui valut de précieuses approbations et de vives amitiés, mais il eut aussi de sévères critiques.
L& Revue des Deux Mondes — sous quelle inspiration, nous ne saurions le dire au juste — se montra presque brutale pour le poète catholique*. Feignant de ne pas comprendre dans quel sens celui-ci