N* du 15 décembre 1836 (4* vol. de 1836, p
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écrivait qu'il n'y avait pas encore de poète catholique, l'auteur de l'article s'exclama : « Pas de poète, bon Dieu ! Ainsi M. Turquety ne compte ni M. de Chateaubriand, ni M. Victor Hugo, ni M. Alfred de Vigny, ni M. de Lamartine, ni la longue et innombrable procession religieuse venue à leur suite ! Pas de poète catholique ! Combien en fautil à M. Turquety? » Il nia au poète breton la conviction émue qui éclate dans son œuvre ; il nia à celle-ci la marque du talent et la vie. La Revue, il est vrai, fit quelques années plus tard l'aveu qu'elle avait été trop sévère : mais le coup était porté et le jeune poète le sentit vivement.
En se relisant au bout de trois ans, Turquety s'étonna d'avoir exprimé sa pensée avec cette sorte de mélancolique énergie : Souvestre le lui avait reproché dans son bel article de 1839. « Sa voix est devenue austère : tout est sombre en lui, jusqu'à sa résignation ; ses vers donnent au cœur je ne sais quelle secousse douloureuse, lors môme qu'ils n'ont à exprimer que la tendresse et la joie ; les pleurs semblent toujours près d'en déborder comme d'une coupe trop pleine *. » Turquety se rangea presque à l'opinion du bienveillant critique :
Sans juger tout à fait comme vous Poésie catholique, lui écrivit-il, je n'ai pu m'empôcher en le relisant d'y trouver
1. Article de la, Revue de Paris, reproduit en tête de l'édition des poésies de Turquety publiée en 18S7 (p. xy). „
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une certaine âpreté que je modifierais peut-être aujourd'hui. Mes croyances sont identiques, mais je les formulerais, je crois, d'une manière moins tranchante. — . Cela tenait à certaine disposition d'esprit et à des circonstances particulières. Bref, ce livra est un peu sombre et je me souviens que Brizeux le comparait un jour pour la couleur aux tableaux espagnols du Louvre, Zurbaran et Murillo*.
Lamartine reçut un des premiers exemplaires de Poésie catholique ; Turquoty y joignit ces vers,, restés inédits :
A vous, Alphonse, à vous, ces hymnes élancées Du fond d'un cœur austère où Jésus seul est Roi, A vous, ce dernier livre éclos dans mes pensées, Sous le vent de l'amour, sous l'aile de la Foi ;
A vous que j'admirais, que j'aimais jeune encore, A cet âge où la vie est toute dans le cœur, Aurore qui doriez ma vie à son aurore, Fleur dont l'éclat brillait sur ma jeunesse en fleur ;
A vous, ces derniers chants! Ma muse catholique Va s'offrir à vos yeux dans sa sévérité ; Car j'ai ployé son front devant le dogme antique Comme devant la sainte et seule vérité.
Donc, je vous les adresse ; accueillez -les, Alphonse, Accueillez en ami ce poétique envoi :
Et puisse ce doux mot d'ami que je prononce S'enraciner en vous comme il a fait en moi !
(11 avril 1836).