‹ La vie d'un poète: Édouard TurquetyChapitre 41 sur 64 · Lettre du 20 janvier · texte numérisé non relu

Lettre du 20 janvier

EDOUARD TURQUETY 169

Plusieurs jours se passèrent sans réponse. 11 n'en fallut pas plus pour troubler l'imagination de Turquety. Désolé, il rapprocha de ce silence quelques circonstances, quelques mots dont il s'exagéra la portée et conclut de là sans hésiter à une rupture définitive. Il l'expliquait par sa préface où il ne parlait pas de Lamartine, où. il disait que le catholicisme n'avait pas de poète.

La conjoncture ne manquait pas de gravité :

quelle conduite tenir? Il consulta ses parents. Son père lui conseilla de prendre son parti de cet événement: Mme Turquety s'en montra froissée, — c'est bien naturel. Son amour-propre de mère offensée dans la personne de son fils ne l'empêcha pas d'ailleurs de donner à celui-ci de sages avis :

Si tu n'y vas plus, il pourra peuser que tu reconnais toi-même qu'il doit être mécontent : si tu y vas et qu'il te reçoive mal, tâche de mettre la plus grande modération dans tout ce que tu lui diras : que le beau rôle soit de ton côté * !

N'a-t-on pas vu souvent le ciel couvert de sombres nuages : il va pleuvoir à torrents*: une tempête semble s'apprêter: chacun s'inquiète. Tout à coup les nuées se dissipent: un beau soleil éclaire et réjouit la terre. Le beau soleil, ce fut une lettre que, bien des jours après le 11 avril, Turquety trouva chez Delaunay, l'un de ses libraires, au

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