‹ La vie d'un poète: Édouard TurquetyChapitre 57 sur 64 · Lettre du 19 juillet · texte numérisé non relu

Lettre du 19 juillet

EDOUARD TURQUETY 241

la personne ei le talent du poète catholique, parce qu'il le savait sincèrement convaincu : et, en cela, il était conséquent avec lui-même. N'avait-il pas écrit à Sainte-Beuve en 183o, en lui recommandant de se garer de la religiosité qui, à titre de mode, lui semblait ridicule :

Allez-vousàlamesse? Vous confessez- vous? Communiezvous ? Faites tout cela de coeur. . . et tout impie qu'on me trouve, j'ôterai mon chapeau à votre prose et à vos vers catholiques *.

Turquety, de son côté, professait pour les parties élevées du talent de Béranger une admiration mêlée d'espoir : il ne doutait pas de voir un jour le chansonnier s'agenouiller avec lui devant l'autel du Christ. En 1851, il lui exprima ce vœu dans des strophes dont chacune se terminait ainsi :

Rayon du Christ, foi, lumière infinie, Ah ! descendez sur ce brillant génie 9 !

Béranger ne repoussa pas cette ouverture et répondit au poète breton qui lui avait parlé de la mort de M. Turquety :

Si je ne vous consolais pas, j'essaierais du moins- de vous faire chercher les consolations où elles doivent so trouver pour vous, chrétien, qui avez le bonheur d'une croyance ferme et déterminée, ce que je vous envie et qui m'arrivera peut-être un jour si les beaux vers que vous

Page 1