M"" Foucher
M. Foucher. La page sur laquelle l'adresse est inscrite se trouve lacérée, et on lit cette note de la main sans doute dun serviteur : « M""= Fouché (sic) me charge d'avoir l'honneur de dire à M. Hugo, que la présente ne se trouve déchirée que parce que M"'' Juju ^ a mis ses doigts dans l'ouverture pour lacérer le tout, et en faire son profit ainsi qu'elle en use avec toute espèce de papier voir isic) même 'des jugements de conseils de guerre, dès que le gardien a le dos tourné, qu'entin il n'y a rien eu de décacheté. »
Victor est rentré sombre et abattu, car le :22 mai il n'a reçu que la lettre d'Adèle datée du 19. S'il avait regardé le cachet de la poste, il aurait vu qu'en effet il ne pouvait pas en avoir reçu d'autre et qu'il ne pouvait avoir, comme il l'écrit, la lettre datée du iiO. Il trouve le temps long ; il compte quatre jours et trois nuits de séparation; Adèle lui ayant appris qu'elle s'était contenue pour pleurer, Victor lui répond : « Ne te tourmente pas, mais ne te contiens pas. Si tu as envie de pleurer, pleure. Les larmes qui restent font du mal, celles qui coulent font du bien. Je voudrais bien, moi, pouvoir et savoir pleurer, mais j'ai toujours le cœur gonflé parce que j ai toujours les yeux secs. »
Dans sa lettre du 8 juin 1822 quand il était fiancé, il disait : « Les larmes me font bien du mal, ceux qui pleurent aisément sont soulagés quand ils pleurent, moi je n'ai pas ce bonheur. Celles de mes larmes qui peuvent sortir sont celles qui me soulagent, mais presque toutes me restent sur le cœur et m'étouffent. Une mère qui a prévu le cas oii l'on est seul dans la vie m'a accoutumé dès l'enfance à tout dévorer et à tout garder pour moi. » Nous avons rapproché les deux passages de ces lettres parce qu'ils sont une réponse aux détracteurs du poète. Ceux-ci disaient : Victor Hugo