‹ La vie d'une femmeChapitre 8 sur 48 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

polJ n'cst-il pas guéri, soigné par une si tendre mère ?

« Adieu, j'embrasse mon bon papa et vous chère maman que jaime tant.

« A. Hugo. »

L'enfant mourut le 9 octobre. Il avait trois mois. C'est M'"" Foucher quidut annoncer la cruelle nouvelle avec de grandes précautions, car elle avait confisqué les lettres adressées à sa fille afin de lui épargner une trop brutale commotion.

Et c'est la mort de son petit Léopold qui inspire à Victor Hugo les vers : A l'ombre d'un enfant.

Oh ! dans ce monde auguste où rien n'est éphémère, Dans les flots de bonheur que ne trouble aucun (iel. Enfant ! loin du sourire et des pleurs de ta mère, N'es-tu pas orphelin au ciel ?

M'"^ Victor Hugo est souffrante, elle est encore enceinte. En dépit du deuil qui l'accable, elle se domine, elle essaie de cacher sa douleur à son mari pour ne pas l'afifecter.

Le voyage à Blois est ajourné ; car les médecins interdisent la voiture à cause de la grossesse. Victor écrit à son père le 27 mars 1824 : « Ma femme avance dans sa grossesse sans se porter aussi bien que je le voudrais. »

Victor Hugo ayant obtenu sa seconde pension sur le ministère de l'Intérieur, pouvait s'installer en juin ASH^t, 90, rue de Vaugirard. Une fille naissait en juillet; on l'appela Léopoldine. La femme du général Hugo était la marraine. Cette fois, M'"'= Victor Hugo, en dépit d'une grossesse laborieuse, voulut nourrir sa fille. Elle en manifesta la volonté formelle non seulement à cause de son amour pour son enfant, mais à cause de son invin-

cible détiancepour les nourrices. En effet l'enfant devint superbe.

Le 19 février 1825, M""^ Victor Hugo put écrire à son beau-père ^

(( Ma fille se porte très bien, n'a pas encore cle dents. Elle est très gaie et nous amuse beaucoup. Il me tarde bien de vous la remettre entre les bras. Aussi comptons-nous partir, si cela arrange vos projets, dans deux mois, nous nous faisons une si grande fête de vous voir que je voudrais que ce fût demain. »

Suivant leur promesse, Yictor Hugo et sa femme partaient en avril avec leur petite Léopoldine et arrivaient à Blois par la malle-poste le 17.

Victor Hugo ayant été invité à la cérémonie du sacre de Charles X à Reims dut quitter rapidement Blois.

Sa place dans la diligence était retenue pour le 19 mai au matin. Il allait être séparé de sa femme pour la première fois depuis son mariage, et pour quinze jours. Gros chagrin. On se figure ce que furent les adieux. Hs sont retracés dans la poésie intitulée le Voyage : la diligence sest éloignée, et c'est le désespoir.

Quoi! plus même un vain bruit! plus même une vaine ombre! L'absence a sur mon âme étendu sa nuit sombre ; C'en est fait, chaque pas m'y plonge plus avant ; Et dans cet autre enfer, plein de douleurs amères, De tourments insensés, d'angoisses, de chimères,

Me voilà descendu vivant ! ^

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