‹ La vie d’amourChapitre 16 sur 57 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

L’amour dans l’âme chrétienne

Le sceau d’amour que Dieu a imprimé dans l’âme, en la créant, est un sceau d’amour éternel. C’est en vue de sa destinée dernière, au séjour de la gloire, qu’il lui a donné l’existence et qu’il Ta douée de cette puissance d’aimer qui recevra là-haut son plein épanouissement. Il Ta faite intelligente, pour pouvoir le comprendre ; il Ta faite aimante pour pouvoir jouir de lui.

Cette aptitude à aimer Dieu est innée en toute âme créée ; prétendre n’en point tenir compte, ce serait dénaturer l’âme immortelle et la découronner. Nous ne pouvons, en réalité, avoir une connaissance vraie de ce que nous sommes, que si nous reconnaissons en nous cette faculté d’aimer, sans laquelle nous ne serions point créés à l’image de Dieu, qui est charité.

Pour réduire en acte cette aptitude naturelle et essentielle, l’âme le fait lorsqu’elle prend conscience d’elle-même. L’amour alors devient un devoir, et un devoir impérieux aussi nécessaire que son existence.

Une âme dans laquelle n’habiterait pas l’amour,

serait une âme sans vie et morte pour les choses éternelles. Elle ne pourrait ni acquérir de mérites ni espérer de récompense. Non seulement elle se priverait du plus grand bonheur qu’il y ait sur terre, celui d’aimer son Dieu, mais elle s’imposerait une séparation éternelle de Celui pour qui seul pourtant elle existe.

Une âme, au contraire, dans laquelle vit l’amour divin, est une âme qui marche dans la voie des desseins de Dieu sur elle, et qui goûte par anticipation les joies indéfinissables de la Béatitude.

Voilà notre sublime destinée. La vie du temps nous est donnée pour la préparer et nous y conduire. Faisons de l’amour notre principal objectif, et établissons sur lui le travail constant et généreux de notre sanctification.

Page 1