‹ La vie d’amourChapitre 20 sur 57 · IV. — L’amour dans l'accomplissement du devoir · texte numérisé non relu

IV. — L’amour dans l'accomplissement du devoir

L’existence humaine n’est pas la même pour tous, envisagée dans les divers états où elle se déroule. La différence des situations varie presque à l’infini. Toutes cependant sont ordonnées dans un plan divin de sagesse et de bonté.

Dieu préside à tous les évènements de la vie, et il les fait tous servir à l’accomplissement de ses desseins sur chacun de nous. Si nous ne mettons point d’obstacle à son action en nous, nous sommes sûrs de ne manquer jamais d’aucune grâce pour y être fidèles. Mais lors même que nos infidélités auraient contrecarré pour un temps la réalisation de ses desseins, et nous

auraient orientés dans une voie où Dieu ne nous avait pas primitivement dirigés, sa miséricorde, ayant égard à notre repentir, continuera de nous assister et consacrera ainsi la situation nouvelle que nous nous sommes faite.

C’est là l’histoire d’un grand nombre, fruit de la fragilité humaine. Il serait inutile de s’apitoyer sur le passé. A nous d’accepter le présent et de nous mettre en face de nos obligations du moment. Pour les accomplir, il nous faut plus que du talent et du savoir-faire, ce qui suffirait à peine pour maintenir nos efforts et nous conduire à un succès purement terrestre ; il nous faut de l’esprit surnaturel, inspiré et fortifié par l’amour.

C’est en agissant en vue de Jésus et pour faire sa volonté, que l’on embrasse avec courage ses devoirs d’état et que l’on s’y garde fidèle. C’est Jésus à qui nous voulons plaire et obéir; c’est Jésus que nous savons n’être indifférent à rien de ce qui nous regarde; c’est Jésus en qui nous avons mis notre confiance absolue ; c’est Jésus au service de qui nous sommes résolus d’appartenir sans retour ; c’est Jésus à qui nous voulons prouver notre amour par une fidélité exemplaire au moindre de nos devoirs. Ces pensées, en surnaturalisant toutes nos actions, nous font agir par le pur motif de l’amour.

l’amour dans l ame CHRÉTIENNE 5l

Notre amour prendra bien des formes, mais il restera toujours le tnotif déterminant. Nous aurons peut-être bien des tribulations à supporter, et à certaines heures l’accomplissement du devoir pourra nous paraître fort pénible, mais la pensée que Jésus nous assiste de sa grâce et qu’il compte sur notre générosité pour la seconder, ravivra en nous l’amour que nous Lui avons juré.

Il ne peut se rencontrer aucune circonstance où nous soyons en droit de douter de l’assistance assurée Jésus ; de même qu’il n’y a aucune situation, aucune charge, aucun emploi, aucune occupation, aucune responsabilité, qui ne doive devenir pour nous l’occasion d’un acte d’amour et d’un accroissement de charité divine.

Vivre de la sorte, c’est vivre chrétiennement, c’est progresser dans la vertu, c’est être mû continuellement par des vues surnaturelles, c’est faire de toute sa vie une chaîne d’amour, dont chaque devoir correspond à un anneau que l’on y ajoute, pour redire sans cesse à Jésus son amour.

S’il arrive que nous éprouvions de la lassitude par la monotonie et la fatigue morale ou physique de nos devoirs d’état, ne cherchons pas des moyens compliqués pour en sortir, mais usons plutôt de celui de l’amour, qui a le don de

rasséréner le ciel de notre âme, de renouveler nos forces épuisées, et de raviver notre ardeur pour continuer notre route et parvenir au terme.

Renouvelons nos actes d’amour autant que nous avons de petits ou de grands devoirs d’état à accomplir, et rappelons-nous que c’est en cela avant tout que consiste la vertu.

Page 1