CHAPITRE SIXIÈME
L’amour dans l’âme religieuse
L’amour divin, de sa nature, anime à une perfection toujours plus grande l’âme qui le possède, et l’entraîne jusqu’à l’héroïsme de la vertu. Si rien ne lui fait obstacle, il la fait monter d’ascension en ascension jusqu’à une transformation complète d’elle-même en Jésus, à qui elle s’est attachée pour toujours.
Les sacrifices ne lui coûtent pas, parce qu’elle aime. La mort totale à elle-même, sur laquelle s’établit le royaume de l’amour, ne l’effraye pas, car elle a juré d’aimer jusque là. Les hauteurs de la sainteté, qui lui ont paru tout d’abord quasi inaccessibles, deviennent maintenant pour elle le but nécessaire à atteindre, parce qu’elle a résolu de ne mettre aucune borne à son amour.
Pour réaliser ce plan d’amour parfait, l’éloignement du monde et la vie de constante immolation dans la prière et le sacrifice, apparaissent comme le moyen le plus efficace et le plus en harmonie avec les saintes aspirations de l’âme. C’est ce qui donne à la vie religieuse son vrai caractère. On l’embrasse, parce qu’on aime. On
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y est heureux, parce que l’amour en fait tous les charmes. On y est fidèle, parce que les sacrifices qu elle impose deviennent un aliment à son amour. On s’y attache, parce qu’on y goûte chaque jour des joies toujours nouvelles. On n’a qu’un désir, c’est d’y vivre et d’y mourir, parce qu’on y trouve, avec des aspirations toujours croissantes d’amour pour Jésus, l’assurance d’un amour sans fin au séjour de l’éternelle charité.
Puissent les âmes assoiffées de l’amour divin, faire de la vie religieuse la grande école de leur perfection et le ciel anticipé de leur union d’amour avec Jésus leur Bien-Aimé !