‹ La vie d’amourChapitre 36 sur 57 · VII. — L’amour d’intimité · texte numérisé non relu

VII. — L’amour d’intimité

L’amour cherche et demande l’intimité. Lorsque Jésus veut se communiquer à une âme, Il l’appelle dans la solitude, Il fait le silence autour d’elle et II l’établit dans la paix et la sérénité. Ce qu’il a à lui dire ne se dit que dans le tête à tête de l’amitié. Ce qu’il veut lui révéler ne se peut

comprendre que dans le cœur à cœur de l’intimité.

Jésus parle alors sans bruit de paroles et II se fait sentir par une action secrète qui exerce sur l’âme une douce et puissante influence. Toutes les joies de la terre réunies ne peuvent être comparées aux suavités de cette intimité divine. Jésus et l’âme se recherchent, et leur bonheur est de vivre dans leur mutuelle compagnie.

Jésus n’a qu’un désir, celui de se communiquer à l’âme qui L’aime, et II harmonise les grâces dont II la comble avec ses desseins de tendresse sur elle. Se savoir aimé sans mesure produit sur Lui comme une attirance qui L’incite à aimer toujours davantage et à se livrer plus tendrement à l’âme qui L’aime.

De son côté, l’âme ravie par les charmes de l’amour divin, n’en veut point goûter d’autres et se retire peu à peu des sollicitudes de la terre, pour ne plus s’occuper que de Celui qu elle a choisi pour son unique partage. Sa pensée est en celle de Jésus ; son cœur ne palpite qu’à l’unisson de celui de Jésus ; sa volonté est perdue dans celle de Jésus ; tout son être n’a de vie qu’en Jésus.

Elle Lui parle avec simplicité, comme on le fait quand on aime. Elle Lui redit sans cesse son

amour, comme un cœur tendrement aimant en sent le besoin. Elle se redonne à Lui avec une confiance illimitée, comme le fait une âme qui connaît la bonté toute-puissante du Jésus à qui elle s’est livrée. Elle se confie aveuglément à Lui, ne se laissant plus inspirer et diriger que par des sentiments d’abandon total correspondant à l’amour qu’elle porte à son divin Bien- Aimé.

Dans ces conditions, les rapprochements sont faciles, la compagnie a des charmes, les colloques sont fréquents, les entretiens sont tendres, les relations deviennent de plus en plus intimes, l’union se fait plus étroite, et les confidences mutuelles donnent à cette vie d’amour le caractère d’une intimité toute divine.

Dans son retour constant vers Jésus, l’âme s’habitue à ne rien penser, ne rien désirer, ne rien faire, sans L’en entretenir. Tout ce qui la regarde, ses besoins spirituels, ses peines et ses joies, ses occupations et ses responsabilités, ses œuvres et ses idées de zèle, ses devoirs d’état et ses désirs de perfection, elle en parle à Jésus pour en obtenir des lumières et les Lui abandonner.

Mais ce qui la préoccupe davantage et ce dont elle entretient son Bien-Aimé, c’est ce qui Le

regarde, Lui : la sanctification de son nom, l’avènement de son règne, les intérêts de sa gloire, les sentiments et les désirs de son cœur, ses joies et ses peines, la sanctification et le salut des âmes, la fidélité de ses épouses à leurs engagements, la sainteté de ses Prêtres, la fécondité de leur ministère et le triomphe de son Eglise.

L’âme aimante et vivant dans l’intimité de Jésus met sa vie à l’unisson de celle qu’il mène au Très Saint Sacrement. Elle vit avec Lui dans l’Eucharistie, comme elle demeure avec Lui dans son cœur. C’est un va-et-vient d’amour qui l’engage à vivre de la même intimité avec Jésus dans les deux sanctuaires qui Le renferment, l’Hostie et son cœur.

Il vaut la peine de vivre pour goûter un tel bonheur. Il est heureux que l’on puisse souffrir pour le mériter. Il est précieux que l’on sache aimer pour en vivre et s’en contenter.

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