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CHAPITRE NEUVIEME

Les degrés de l’amour

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L’on n’est pas saint parce qu’on désire le devenir. L’on n’a pas également atteint la perfection de l’amour, parce qu’on y tend. L’amour, de même que la sainteté, comporte des degrés qu’il faut gravir les uns après les autres. Une fois un degré franchi, ce degré sert de base et d’appui à celui qui le suit ; et ainsi l’âme parvient peu à peu ou rapidement, selon l’ardeur qu elle y met, à la réalisation de ses saintes aspirations.

Il est utile toutefois de mettre de l’ordre dans cette ascension constante de l’amour, afin de ne point se faire illusion ni de faire un travail qui pécherait par sa base.

Dans la vie d’amour, il y a des devoirs essentiels et primordiaux qui s’imposent ; et il en est d’autres qui constituent une obligation morale, selon les grâces que l’on reçoit et les moyens indispensables que l’on prend pour y correspondre. Ces devoirs s’enchaînent, en quelque sorte, les uns avec les autres, et indiquent à l’âme la marche qu elle doit suivre pour arriver à la perfection de l’amour.

Prétendre parvenir tout d’un coup à l’amour parfait, ce serait ne point connaître sa misère personnelle, qui en sera longtemps un obstacle, et ignorer les efforts qu’implique tout progrès dans la vie spirituelle. Ne pas vouloir, à cause de cela, tendre sérieusement à progresser dans la vie d’amour, serait de la lâcheté et de l’ingratitude ; car Jésus nous appelle à l’amour parfait et II nous en donne toutes les grâces.

Le seul fait de se ralentir dans ses désirs et ses efforts, serait s’exposer à perdre ce que l’on a déjà acquis ou à affaiblir tellement son amour que l’on s’enlèverait le courage de poursuivre au-delà.

L’amour est une loi trop douce, pour qu’on ne veuille pas l’embrasser. L’amour est un moyen trop puissant de sanctification, pour qu’on hésite à s’en servir. L’amour procure des joies trop profondes, pour que l’on s’en prive volontairement. L’amour est déjà une récompense trop précieuse de nos efforts, pour que l’on n’apporte pas une générosité constante à l’augmenter sans cesse. L’amour est un moyen trop efficace de correspondre parfaitement à tous les desseins de Jésus sur nous, pour qu’on ne l’emploie de préférence à tout autre. L’amour nous assure une vie trop heureuse dans la compagnie habituelle

LES DEGRÉS DE l’ AMOUR

de Jésus, devenu notre suprême ambition, pour que nous ne soyons pas fermement résolus à gravir toutes les aspérités du chemin, afin d’atteindre le sommet du bonheur dans l’intimité de l’union avec notre divin Bien-Aimé.

Nous invitons les âmes généreuses et vraiment éprises de l’amour de Jésus, à faire avec nous l’ascension qui conduit à la possession de l’amour parfait.

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