‹ La vie d’amourChapitre 48 sur 57 · III. — L’épanouissement de l’âme · texte numérisé non relu

III. — L’épanouissement de l’âme

L’amour de Jésus n’engendre évidemment pas la tristesse, mais tout au contraire la combat et la chasse. Il y a trop de bonheur à aimer Jésus, pour que ce bonheur n’ait pas raison de la tristesse même la plus invétérée. Lors même qu’il y a des luttes à subir, des tentations à supporter, des difficultés et des épreuves de tout genre à rencontrer, ce n’est pas un motif d’être triste et abattu, si l’on considère que c’est ainsi que Jésus sanctifie ses saints. Et parce que Jésus éprouve ceux qu’il aime, l’âme qui souffre se met à l’unisson des sentiments de Jésus et, en aimant ce qui la fait souffrir, elle trouve une véritable joie qui la fait s’épanouir.

S’il arrive que l’extérieur ne correspond pas toujours également à cet effet réjouissant de l’amour, l’on ne doit pas oublier que c’est surtout dans les profondeurs de l’âme que cet épanouissement se produit. La satisfaction intime que donne le devoir de l’amour fidèlement accompli, remplit l’âme de bonheur et de divine jouissance. La fidélité à correspondre aux amoureuses avances de Jésus lui inocule des joies

LES FRUITS DE l’aMOUR

toujours nouvelles. La continuité des rapports avec Jésus la plonge dans des suavités telles de tendresse divine, qu’elle sent en elle comme un rayonnement du bonheur des élus.

Aussi court-elle dans le chemin de la vertu avec une ardeur communicative qui impressionne. Il s’exerce, dans son intérieur, comme une pression d’amour qui se manifeste dans ses paroles et dans ses actes. On dit : « Que cette âme est heureuse ! Rien ne la trouble, rien ne l’attriste ; elle est toujours contente. On sent qu’elle aime Jésus, et que son amour fait son bonheur.»

Jésus ne peut donner que du bonheur, et c’est par son amour qu’il en comble les âmes qui L’aiment. Il n’y a qu’à L’aimer pour être toujours heureux. Il n’y a qu’à puiser l’amour dans son cœur, pour être toujours épanoui. Il n’y a qu’à développer en soi l’amour, pour goûter les joies anticipées de la Patrie.

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