I. Vincenzio Romoli. — Voy. p. 162 et suiv
deux de ses acolytes entrèrent aussitôt, pensant qu'il leur serait facile de m'arrêtcr; mais, ayant vu la réception que je leur ménageais, ils reculèrent et se dirent : « L'affaire sera sérieuse. » Je leur jetai alors le saufconduit et leur criai : « Lisez cela, vous ne pouvez m'arrêter, et je vous défends de me toucher. » Làdessus, le bargello ordonna à quelques-uns de ses gens de me saisir, et dit qu'on examinerait ensuite le saufconduit. A ces mots, je m'avançai hardiment en brandissant ma dague, et je m'écriai : " Que Dieu soit pour le bon droit! Je vous échapperai, ou si vous me prenez, ce ne sera que mort. » Les sbires, ayant envahi la chambre, semblèrent déterminés à avoir recours à la violence, mais je fis si bonne contenance que le bargello reconnut qu'il ne pourrait m'avoir vivant, ainsi que je le lui avais déclaré. Il appela donc le chancelier, et, pendant que celui-ci lisait le sauf-conduit, il essaya deux ou trois fois de s'emparer de moi par surprise; mais je ne bronchai pas. Enfin, mes adversaires rebutés me jetèrent mon sauf-conduit sur le plancher, et se retirèrent sans moi.
Le mcdicastrc.
Je retournai me coucher, mais je me trouvai si agité, que je ne pus me rendormir. J'avais résolu de me faire saigner dès qu'il serait jour. Toutefois, je consultai auparavant messer Giovanni Gaddi. Il en référa à un mauvais