LIVRE TROISIEME
fort étonne de me voir en vie; puis il me recommanda de songer à me conduire en homme de bien et à me guérir. Dès que je fus de retour chez moi, Niccolò de Monte- Aguto arriva et m'assura que j'avais échappé, contre toutes ses prévisions, à un des plus grands dangers du monde; qu'il avait vu ma sentence écrite de la bonne encre; enfin que j'eusse à me dépêcher de me guérir et de décamper, parce que le péril venait d'un personnage fort à craindre. Il insista pour que je prisse garde à moi, et il ajouta : « Mais qu'as-tu donc fait à ce mauvais gredin d'Ottaviano de Médicis ? » Je répondis que jamais il n'avait reçu de moi le moindre mal, tandis que moi j'avais beaucoup à me plaindre de lui, et je racontai l'affaire de la Monnaie. « Pars au plus vite, me dit aussitôt Niccolò, car la vengeance arrivera plus tôt que tu ne crois. » Tout en m'occupant du rétablissement de ma santé, je donnai des conseils à Pietro Pagolo pour la Monnaie; puis je retournai à Rome, sans souffler mot au duc ni à qui que cesoit.