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je Tappclfli par son iKiin, qui cuiit Benedetto da (^agli. «Avancez, lui criai-je. avancez, messer Benedetto mio, je suis bien préparé et bien résolu. N'est-il pas plus glorieux pour moi de mourir innocent que coupable ? Avancez, je vous prie, et amenez-moi un prêtre à qui je puisse dire quatre mots, bien que je n'en aie pas besoin, car je me suis hautement confessé à Dieu Notre-Seigncur; c'est seulement pour observer les lois de notre sainte mère l'Église, à qui je pardonne franchement l'inique condamnation qu'elle a prononcée contre moi. Ainsi approchez, messer Benedetto mio , et expédiez-moi vite avant que la tête ne vienne à me tourner. »
Quand j'eus achevé ces paroles, ce brave homme, sans lequel on ne pouvait m'exécuter, dit au sbire de fermer la porte. Il courut aussitôt chez la femme du signor Pier Luigi, qui demeurait avec la duchesse Marguerite d'Autriche. Dès qu'on l'eut introduit chez elle, il dit : « Illustrissima padrona, je vous en prie au nom de Dieu, veuillez envoyer dire au papequMl charge une autre personne de lire cette sentence à Benvenuto, et de remplir mon office, car j'y renonce, et de ma vie je ne le remplirai. » Puis il partit en sanglotant amèrement. La duchesse, qui était présente, s'écria avec colère : « Voilà donc la belle justice qu'administre à Rome le vicaire de Dieu ! Le duc, mon premier époux, qui tenait en haute estime Benvenuto pour son talent et son caractère, avait bien raison de vouloir Tempêcher de retourner à Rome et de le garder près de lui à tout prix. » Et elle se retira en murmurant des paroles d'indignation.
La femme du signor Pier Luigi, qui se nommait la signora Jerolima, se rendit sur-le-champ chez Sa Sainteté. Elle se jeta à ses genoux, et, en présence de plusieurs
cardinaux, parla avec tant de force et d'énergie qu'elle força le pape à rougir et à dire : « Pour l'amour de vous, nous lui laisserons la vie, bien que notre arrêt ne nous ait été dicté par aucun sentiment d'animosité contre lui. » Le pape n'agit ainsi qu'à cause des cardinaux qui avaient entendu les paroles de cette admirable et courageuse femme.
Pendant ce temps, j'étais dans une terrible agitation : le cœur me battait avec violence et sans relâche. Les gens qui devaient jouer le triste rôle d'exécuteurs partageaient mon inquiétude. Enfin, à l'heure du dîner, chacun alla à ses affaires, et on m'apporta mon repas. Ma surprise fut extrême. Je m'écriai : « La vérité a été plus forte que la malignité des influences célestes. Mon Dieu, je vous en prie, si tel est votre bon plaisir, sauvez-moi de ce péril! » Je me mis ensuite à manger, et, de même que j'avais accepté avec fermeté l'idée de la mort, de même j'accueillis avec force l'espoir d'un meilleur sort. Je dînai de bon cœur, puis je restai sans voir et sans entendre personne jusqu'à une heure de la nuit. Alors seulement parut le bargello avec bon nombre de sbires. Il me fit asseoir sur cette chaise qui avait servi à me transporter le soir précédent, et, après m'avoir engagé avec bonté à ne rien craindre, il ordonna à ses sbires d'avoir aussi soin de ma jambe cassée que de ses propres yeux. Ils lui obéirent et me ramenèrent au château Sant'Agnolo, d'où je m'étais évadé.