‹ La vie de Benvenuto CelliniChapitre 162 sur 275 · LIVRE CINQUIEME. 3Gi · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME. 3Gi

gouverner complètement à elles deux. Ces chastes femmes avaient tellement soull'ert et tellement prié pour moi, que j'attribuais mon salut à leur fervente intercession. Tous ces souvenirs m^want vivement assailli, je me déterminai à prendre la route de Florence. — J'aurais pu éviter toute espèce de dépense en suivant le cardinal ou en me joignant au reste de sa maison ; mais je préférai aller de mon côté.

Je fis ce voyage très agréablement avec un habile horloger, nommé maestro Cherubino, qui était de mes amis et que je rencontrai par hasard à Monte-Rossi', où j'arrivai escorté seulement de mes deux ouvriers, Pagolo et Ascanio, qui avaient quitté Rome avec moi le lundi saint.

Comme j'avais annoncé que j'irais avec le cardinal, je pensais qu'aucun de mes ennemis ne chercherait à m'inquiéter. Néanmoins, peu s'en fallut que je ne passasse un mauvais quart d'heure à Monte-Rossi, car mes ennemis avaient envo3^é en avant une bande armée pour m'attaquer. Pendant que nous dînions, ces gens, ayant découvert que je ne marchais point avec le cardinal, se disposèrent à mettre à exécution leur infernal projet. Par bonheur, Dieu voulut que, sur ces entrefaites, arrivât la suite du cardinal; de sorte que je cheminai gaiement et sans danger jusqu'à Viterbo. Je n'avais plus rien à redouter ; d'autant plus que j'avais soin de précéder de quelques milles la maison de Son Excellence, où je comptais des amis dévoués. Enfin, grâce à Dieu, j'entrai à- Viterbo sain et sauf. Mes cousines et tout le monastère me firent l'accueil le plus aimable.

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