‹ La vie de Benvenuto CelliniChapitre 226 sur 275 · LIVRE SEPTIEME. 5i · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME. 5i

qu'elle voulait le porter constamment. Elle me donna ensuite la mesure de son doigt, en même temps que le diamant, qui valait environ cent ccus, et elle me recommanda d'exécuter ce bijou le plus vite possible. Aussitôt le duc dit à la duchesse : « A coup sûr, Benvenuto a été sans égal dans cet art; mais, maintenant qu'il l'a abandonné, je crains que faire une petite bague comme celle que vous demandez ne soit pour lui un trop grand ennui. Ainsi je vous supplie de ne pas le charger de ce petit ouvrage,qui lui coûterait beaucoup de peine, attendu qu'il n'a plus l'habitude de ce genre de travail. « Je remerciai le duc, et je le priai de nie permettre de rendre ce léger service àia duchesse. Je m'occupai donc sur-le-champ de cet anneau. Peu de jours me suffirent pour le terminer. Il était destiné au petit doigt. J'y représentai quatre enfants en ronde-bosse et quatre masques que j'entremêlai de fruits et d'autres ornements émaillés, de façon que la monture et le diamant se faisaient mutuellement valoir. Je portai sans retard cet anneau à la duchesse, qui me dit avec beaucoup d'amabilité qu'il était très beau et qu'elle se souviendrait de moi. Elle envoya ce bijou au roi Philippe*. A partir de ce moment, elle me surchargea de commandes, mais elle s'y prenait si gracieusement que je n'épargnais aucun effort pour la contenter, bien que je visse arriver peu d'argent : et Dieu sait si j'en avais besoin! car je désirais terminer mon Persée, et j'avais quelques jeunes ouvriers que je payais de ma bourse.

Je commençai à me montrer à la cour plus souvent que par le passé.

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