I. Ancienne chansonnette populaire à Florence
risa-t-elle jamais d'une manière plus honteuse un infâme misérable ? Je perdis les bonnes grâces de la duchesse, qui contribua grandement à m'enlever celles du duc. Le Bernardone, au contraire, gagna un énorme courtage et les faveurs de Leurs Excellences. Il ne suffit donc pas d'être homme de bien et de talent !
La guerre de Sienne.
Vers cette époque commença la guerre de Sienne. Le duc, voulant fortifier Florence, distribua les portes de la ville entre ses sculpteurs et ses architectes. Je fus chargé de la porte al Prato et de la petite porte d'Arno qui conduit aux moulins. La porte de San-Friano échut au chevalier Bandinelli; celle de San-Pier-Gattolini, à Pasqualino d'Ancona'; celle de San-Giorgio, au sculpteur en bois Giuliano, fils de Baccio d'Agnolo'; celle de San- Nicolò, au Particino également sculpteur en bois'. Fran-
1. Ce Pasqualino est reste complètement inconnu. Le Saraceni n'en dit pas un mot dans ses Noti:{ie istoriche d'Ancona, et le Lastri, dans son Osservatore fiorentino, en parlant des fortifications de Florence construites l'an i552, se contente de copier presque littéralement ce passage de Cellini.
2. Giuliano cultiva avec succès la sculpture et l'architecture, à l'exemple de son père Baccio, auquel il sucœda dans la place d'architecte de Santa-Maria-del-Fiore. Il mourut en i555. — Voyez Vasari,
Vie de Baccio d'Agnolo, t. VIII, p. 64-75.
3. Antonio Particini est appelé raro maestro di legname par Vasari dans une lettre écrite par celui-ci à l'Arétin, et insérée dans les Pittoriche, vol. III, p. 39.