I . Et plus tard évéque de Penna. — E. F
nération que je lui eusse jamais demandée; aussi, quand je me vis traité de cette manière inattendue par ce crapaud venimeux, entrai-je dans une telle fureur que je lui dis : « Quand même le duc me donnerait dix mille écus, il ne me payerait pas assez, et, si j'avais su que telle devait être ma récompense, je ne me serais jamais attaché au service de Son Excellence. » A ces mots, messer Jacopo Guidi me débita, de son ton arrogant, une foule d'insolences que je lui renvoyai avec usure.
Le lendemain, m'étant rendu au palais, le duc me fit signe d'approcher. Je lui obéis. « Sais-tu, me dit-il en colère, qu'avec dix mille écus on construit des villes et des palais? — Votre Excellence, répliquai-je aussitôt, trouvera une infinité de gens capables de lui bâtir des villes et des palais; mais, pour faire un Persée comme le mien, elle ne trouvera peut-être pas un seul homme au monde.» Là-dessus je partis sans ajouter un mot.
Quelques jours après, la duchesse m'envoya chercher et me dit que, si je voulais m'en remettre à elle, j'aurais lieu d'en être content. A ces paroles bienveillantes, je répondis que, pour récompense de mes travaux, je n'avais demandé que les bonnes grâces du duc, et que Son Excellence me les avait promises; qu'ainsi il était inutile de m'en rapporter de nouveau à Leurs Excellences, puis* que je l'avais fait dès les premiers jours que j'étais entré à leur service. J'ajoutai que, lors même que le duc ne me donnerait, pour prix de mes ouvrages, qu'une crazia de la valeur de cinq quattrini, je m'estimerais heureux, pourvu que Son Excellence me conservât ses bonnes grâces. « Benvenuto, reprit la duchesse avec un léger sourire, tu ferais mieux d'accepter mon offre. » Puis elle me tourna le dos et se retira. Je croyais qu'en m'exprimant