‹ La vie de Benvenuto CelliniChapitre 256 sur 275 · LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME

composé en mon honneur quatre sonnets qui renferment les choses les plus glorieuses pour moi. Peut-être même est-ce à l'exemple de cet admirable artiste que toute la ville s'est si vivement émue. J'avouerai que, si le Bronzino se (lit appliqué à la sculpture de même qu'à la peinture, il se serait peut-être acquitté de ma tâche avec un égal succès. Je dirai de plus à Votre Excellence que Michel-Ange Buonarroti, mon maître, aurait à coup sûr pu faire dans sa jeunesse' une statue semblable à la mienne, mais non sans qu'il lui en eût coûté moins de mal qu'à moi. Et j'ajouterai que, maintenant qu'il plie sous le poids des années, il n'en viendrait certainement pas à bout. Je suis donc autorisé à croire qu'aujourd'hui on ne trouverait pas un seul homme au monde capable de mener à fin une telle entreprise. Du reste, mon travail m'a valu les plus précieuses récompenses que je puisse ambitionner, car non seulement Votre Excellence a déclaré qu'elle en était contente, mais encore elle Ta vanté plus que personne. Quelle pfus grande et plus glorieuse rémunération serait-il possible de désirer? Certes, Votre Excellence ne pourrait me payer d'une monnaie plus glorieuse ni m'offrir un trésor plus précieux. Ainsi donc, je suis déjà trop payé et je remercie de tout mon cœur Votre Excellence. — Peut-être même, s'écria le duc, penses-tu que je n'ai pas de quoi pa3^er ta statue. Eh bien ! moi, je te dis que je te la payerai beaucoup plus qu'elle ne vaut. — Voilà bien, ripostai-je, la récompense que j'attendais de Votre Excellence! Mais comme je me trouve amplement payé par les éloges que notre école m'a prodigués, je suis résolu à partir sur-le-champ et à

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