‹ La vie de Benvenuto CelliniChapitre 27 sur 275 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

fut pour cette médaille comme pour le vase de Tévêque de Salamanque. Mais, afin que des choses de ce genre ne m'empêchent pas de raconter des faits plus importants, je ne m'y arrêterai point davantage.

Cartel. — Dcnoûmcnt pacifique. — Le graveur Lautizio, Le ciseleur Caradosso. — L'émailleur Amerigo.

J'ai entrepris d'écrire Thistoirc de ma vie; je suis donc un peu forcé de consigner ici la relation, sinon minutieuse, du moins succincte, de certains faits qui cependant sortent de la sphère de ma profession.

Un matin de la fête de saint Jean, notre patron, je me trouvai à dîner avec plusieurs de mes compatriotes, dont les uns étaient peintres, les autres sculpteurs ou orfèvres. Au nombre de ces artistes étaient le peintre Rosso* et Gianfrancesco^ élève de Raphaël d'Urbin.

I. Le Rosso naquit à Florence, et mourut en France, l'an 1541. Après avoir étudié le carton de Michel-Ange et les productions des anciens maîtres, il fut appelé en France par le roi François I". H exécuta, à Fontainebleau, de nombreux ouvrages, dont il ne reste plus que des fragments effacés, restaurés ou perdus par de maladroites retouches. Il fut un des maîtres qui exercèrent le plus d'influence sur l'art français, influence pernicieuse, quoi qu'on en dise, car elle enleva toute originalité à notre école, qui, avec des éléments étrangers au sol, mais dont l'ensemble nous était propre, avait su former un art vraiment national. — Le Rosso était en haute faveur près de François 1er, qui lui avait donné un riche canonicat. Son caractère ombrageux et vindicatif causa sa ruine. II s'attira des querelles fâcheuses, fit appliquer la question à son ami Francesco di Pellegrino, qu'il accusa injustement de vol, et, pour expier cette faute, il eut recours au poison. - Voy. Vasari, Vie du Rosso, t. V, p. 72. L. L.

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