‹ La vie de Benvenuto CelliniChapitre 48 sur 275 · Nicolas Gaddi, Florentin, évêque de Ferrare. — E. F · texte numérisé non relu

Nicolas Gaddi, Florentin, évêque de Ferrare. — E. F

que leurs barrettes rouges s'apercevaient de loin et pouvaient nous attirer quelques volées des édifices qui se trouvaient dans le voisinage, comme la tour de'Bini. Ils ne tinrent point compte de mes avertissements, de façon qu'à la fin je leur fis fermer la porte, ce qui me valut leur inimitié.

J'avais encore souvent près de moi le signor Orazio Baglioni, qui me voulait beaucoup de bien. Un jour que nous causions ensemble, son attention fut attirée par une hôtellerie située hors de la porte du château, dans un endroit appelé Baccanello. Cette hôtellerie avait pour enseigne un soleil rouge peint entre deux fenêtres, lesquelles se trouvaient alors fermées. Le signor Orazio, ayant remarqué cette dernière particularité, présuma qu'entre les deux fenêtres, précisément derrière le soleil, il y avait une table de militaires faisant ripaille : « Benvenuto, me ditil, si tu étais capable d'envoyer avec ton demi-canon un boulet à une brasse de ce soleil, je crois que tu ferais une bonne besogne ; car il vient de là un grand bruit qui annonce des personnages de haute importance. — Je m'engagerais bien, lui répondis-je, à frapper au beau milieu du soleil, mais voici, près de la bouche de mon canon, un gabion rempli de pierres , que la force de l'explosion et l'ébranlement de l'air ne manqueraient pas de jeter à terre. — Ne perds pas de temps, Benvenuto, me répliqua le signor Orazio ; d'abord ce gabion est placé de façon à ne pouvoir tomber : et ensuite, lors même qu'il tomberait et que le pape serait dessous, il y aurait moins de mal que tu ne penses : ainsi donc, feu ! feu ! » Moi, sans réfléchir davantage, je touchai, selon ma promesse, au centre du soleil. Le gabion, comme je l'avais annoncé, tomba, et précisément entre •le cardinal Far-

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