‹ La vie de Benvenuto CelliniChapitre 64 sur 275 · Tommaso Cortesi. — E. F · texte numérisé non relu

Tommaso Cortesi. — E. F

2. Cellini parle avec plus d'exactitude de cette pièce de l'ifcc^ Homo dans son Traité d'Orfèvrerie, au chapitre VII, où il dit qu'il grava sur le revers la tête du pape. I.e pape et l'empereur soutenant une croix appartiennent, ajouta-t-il, à une autre pièce, dont le revers représentait saint Pierre et saint Paul. — Ces deux médailles sont aujourd'hui presque introuvables. La première a été publiée par Fioravanti et la seconde par Marescotti. — L. L.

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vciiLii») mio, applique-toi à nie servir, cl ne prèle pas l'oreille aux part)les de ces sots personnages. »

Là-dessus, je partis, et je gravai deux coins avec promptitude. Puis, ayant frappé une pièce en or, je la portai avec mes coins au pape, un dimanche après diner. Il fut émerveillé et ravi de la beauté du travail, et encore plus de la célérité avec laquelle je l'avais mené à lin. Pour ajouter à sa satisfaction et à son étonnement, j'avais apporté toutes les anciennes monnaies, gravées par les habiles artistes qui avaient servi les papes Jules II et Léon X.

Ayant vu qu'il accordait la préférence à mes coins, je tirai de mon sein un motu proprio^ par lequel je demandais la place de graveur de la monnaie. Cet oliice valait six écus d'or par mois, sans compter que les coins étaient payés par le directeur de la monnaie qui, pour trois, donnait un ducat. Le pape, a3^ant pris mon motu pvoprio, le remit au dataire en lui disant de me l'expédier de suite. Le dataire voulut le mettre dans sa poche. « Très saint Père, dit-il, que Votre Sainteté n'aille pas si vite, de semblables affaires méritent quelque réflexion. — Je vous ai compris, repartit le pape, donnez-moi ce motu proprio; •>-> et aussitôt, il le signa de sa main, et le rendit au dataire en lui disant : « Maintenant il n'y a plus à répliquer. Expédiez-le-lui à l'instant, telle est ma volonté. Les souliers de Benvenuto valent mieux que les yeux de tous ces balourds. i> Je remerciai Sa Sainteté, et, joyeux au-delà de toute expression, je retournai à mon travail.

i3a VIE DE BENVENUTO CELLINI.

La Fille de RalTaello del Moro. — Opération chirurgicale. Mcsser Giovanni Gaddi. — Mariage manqué.

Je travaillais toujours dans la boutique de ce Raffaello del Moro dont j'ai parlé plus haut. Ce brave homme avait une jeune et belle fille, qu'il me destinait en mariage. Je m'en aperçus; mais, bien que je désirasse cette union, je n'en laissai rien deviner; j'étais même d'une telle réserve que Rafl'aello en était étonné. Sur ces entrefaites, la pauvre fille eut la main droite attaquée d'un mal qui lui rongea les deux petits os qui accompagnent le petit doigt et celui qui est à côté. Par l'inadvertance de son père, la malheureuse enfant fut soumise au traitement d'un mauvais charlatan, qui déclara qu'elle resterait estropiée du bras droit, s'il ne lui arrivait pis encore. En voyant le chagrin et l'effroi du pauvre père, je l'engageai à ne point ajouter foi à ce misérable empirique. Il me répondit que parmi ses amis il ne se trouvait ni médecin, ni chirurgien, et il me pria, si j'en connaissais un, de le lui amener.

J'appelai aussitôt un chirurgien nommé maestro Jacomo de Pérouse'. Lorsque cet habile homme eut examiné la malade, dont l'épouvante' était extrême, parce qu'elle avait pressenti les sinistres prédictions du charlatan, il lui dit qu'elle n'aurait aucun mal, et qu'elle se servirait très bien de sa main droite; que les deux der-

I. Giacomo Rastrelli, chirurgien du pape Clcmeni VII. — K. I".

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