ACTE IV
COLLINE
Le bruit court à Ia Bourse que vous avez dîné au café Anglais ; on croit à un cataclysme, et l’on se dépêc"e de vendre. MARCEL,
Allons, M. Durandin fait convenablement les choses. RODOLPHE,
Ma foi, oui; on est très-bien dans cette taverne ; on peut diner pour quinze francs.
Combien de fois ?
MARCEL
Une seule. sans le vin.
SCHAUNARD, Sans le vin !
RODOLPHE
Nous y retournerons, n’est-ce pas, Marcel ?
MARCEL
Nos moyens nous le permettent. (11 frappe sur son gousse.) SCHAUNARD.
Si nous y retournions tout de suite?
RODOLPHE
Nous y souperons, si vous voulez, en sortant d'ici, COLLINE.
Nous souperons donc deux fois ?
SCHAUNARD
Je n’y vois pas d’inconvénient... D’ailleurs, ce sera un dé. jeuner, car il va être tout à l'heure demain matin. RODOLPHE.
Eh bien ! c’est convenu.
SCHAUNARD
Ce n’est pas une plaisanterie ?.. tu as des valeurs officielles et ayant cours?..
MARCEL
Il est cousu d’or.
SCHAUNARD
Il faudra le découdre... Je demande à voir comment c’est fait. (1l prend quelques pièces d’or dans le gilet de Rodolphe.) Que c’est donc joli, ces médailles! Dire qu’il y a un pays où c’est des cailloux! J'ai eu un parent qui en avait beaucoup ramassé ; mais il a été enterré dans le ventre des sauvages... Ça a fait bien du tort à la famille. {A Rodolphe, en remontant.) Je te devrai ca. J'ai rencontré un Russe dans un des salons de jeu... Je vais venger la Pologne! (I salue M. Durandin, qu’il rencontre en sortant par le fond.)
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nt LA VIE DE BOHÈME:.