‹ La vie de Bohème;Chapitre 85 sur 99 · MARCEL, RODOLPHE · texte numérisé non relu

MARCEL, RODOLPHE

(Rodolphe se lève et gagne la droite. Pendant quelques instants ils demeurent silencieux; puis, un bruit de pas se faisant entendre dans l'escalier, Marcel se lève précipitamment et va coller son oreille à la porte. Le bruit s'éloigne.)

MARCEL, à part.

Je m'étais trompé.

RODOLPHE

Celle que tu attends ne vient pas?

MARCEL

Que veux-tu dire?

RODOLPHE

Tu attends Musette ?

MARCEL

Je l'ai attendue, mais je ne l’attends plus. Il y a cinq jours, c'est vrai, je lui ai écrit; je lui disais que nous avions des sommes, une apoplexie foudroyante de fortune... mon gain du jeu, tu sais... et je l’invitais à venir se chauffer pendant qu’il y avait du feu; elle m’a répondu sur-le-champ qu’elle viendrait... Alors, c’est vrai, je l’ai attendue pendant cinq minutes. (11 passe près de la cheminée.)

RODOLPHE

Tu l’as attendue pendant cinq jours, et tu l’attends encore ?

MARCEL

Non.

RODOLPHE

Et si tu la voyais entrer, ton cœur lui sauterait au cou? MARCEL, montrant son cœur.

Non, la petite bête est morte. (S’asseyant devant la cheminee.) Et dire que pendant cinq jours cette cheminée a flambé comme l'enfer. Si Musette avait été là, elle qui était si frileuse,

RODOLPHE

La petite bête est morte, disais-tu ?

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