SCÈNE III
Les MÊMES, MUSETTE.
MARCEL, à part.
Soyons fier et dédaigneux. (11 se pose avec fierté. Rodolphe donne
la main à Musette et fait un pas pour remonter.) MUSETTE, à Rodolphe.
Vous nous quittez?
RODOLPHE
Oui, je vais acheter du tabac à la Havane. (Musette le remercie du geste; Rodolphe sort.)
MUSETTE, à part.
Je n’ose plus entrer. (Appelant doucement. ) Marcel! (Marcel ne bouge pas.) Est-ce qu’il faut que je m’en aille ?
À MARCEL
Evidemment. (Musette, toute triste, va sortir; Marcel, par un mouvement involontaire, fait un pas de son côté.)
MUSETTE, jetant son chapeau et son chäle sur une chaise près du lit, et s'élançant dans les bras de Marcel.
Mon petit Marcel! (Elle s'élève sur la pointe du pied pour que Marcel l'embrasse.)
MARCEL, se détournant avec effort et passant à gauche.
Je ne suis plus votre petit Marcel !
MUSETTE, regardant autour d'elle.
Il fait bien froid chez vous!
MARCEL
Le feu vous a atlendue pendant cinq jours, et la table aussi... (Montrant la cheminée.) [l ne reste plus que des cendres ; 4 (Montrant la table.) il ne reste pas de miettes.
MUSETTE, limidement et s’asseyant.
Je suis en retard.
MARCEL
Cinq jours pour traverser le pont Neuf! Vous avez donc pris par les Pyrénées ? (Musette ne répond rien et pose sa tête sur la poitrine de Marcel qui s’est rapproché d’elle.) Qu'est-ce qui vaus a retenue ? Est-ce un caprice blond ou re ?