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dire quelque chose. Je n'ai jamais été si heureuse que depuis... j'allais dire depuis queje suis ici; mais je me repris...: depuis que je ne suis plus là-bas.
— Heureuse! Eu tout cas, on ne le dirait point, reprit Edouard en m'examinantdenouveau. On dirait que vous avez du chagrin Mais, attendez donc... je crois nie rappeler... oui... au milieu de mon délire, quand je me réveillais la nuit, je voyais toujours à mon chevet une femme qui pleurait... c étais vous... mais c'était vous, Marianne, Je croyais que c'était une autre.
— Oui, monsieur Edouard... c'était bien moi, m'écriai- je.
— Mais pourquoi pleuriez-vous?
— Vous étiez, si malade... Et quand je pensais que c'étaif h cause de moi. ..je ne pouvais pas m'empùcher... Malgré moi, en disant cela, je me mis à fondre en larmes.
— Eh bien! me dit Edouard, me voilà hors de danger maintenant.
— Oui, monsieur Edouard ; aussi, je suis bien heureuse... Et maintenant je peux m'en aller.
— Vous en aller, Marianne! et où irez-vous? Ne m'avez-vous pas dit que vous ne connaissez personne à Paris?
— C'est vrai ; mais il faut que je m'en aille.
— Pourquoi? demanda Edouard; vous avez donc Fait de nouvelles connaissances depuis que vous êtes venue ici?
— Elle n'a pas seulement quitté le coin du lit, interrompit son ami. Pendant ces deux semaines que tu as passées entre la vie et la mort, Marianne ne s'est pas couchée une seule fois ; elle dormait sur sa chaise, et deux ou trois heures par jour seulement; je ne sais pas comment elle a pu y tenir.
— Bonne Marianne! me dit Edouard en prenant une de mes mains qu'il porta à ses lèvres.
Ce baiser me fit frémir; c'était la première caresse que je reçusse d'Edouard, car cette fois elle s'adressait bien à moi, et non à une autre ; mais, en portant ma main à ses lèvres, Edouard reconnut la bague de son ancienne maîtresse. 11 devint très-pâle et me regarda sans me rien dire ; ses yeux n'exprimaient que l'étonnement. Il garda ma main dans la sienne et appuya son front sur le chaton de l'anneau.
— Ah ! pardon, monsieur Edouard, m'écriai-je, j'avais oublié de vous la rendre,
Et je retirai de mon doigt la bague, qui roula sur le drap du lit.
— De me la rendre ? fit Edouard.
Et quand je lui eus expliqué que c'était lui qui, dans son délire, m'avait obligée à la prendre et queje ne l'avais gardée que parce qu'il paraissait contrarié lorsque je ne l'avais pas à main, il devint tout rêveur. Cet incident nous rendit silencieux tous les trois, Edouard, son ami et moi.
— Marianne, me dit l'étudiant, faites-moi donc le plaisir de descendre en bas voir s'il n'y a pas de lettres pour moi.
)fë Je compris qu'il désirait rester seul avec son ami et nue sa
commission n'éUit qu'un prétexte. Aussi je restai absenté plus de temps qu ,1 n'était nécessaire. Comme je remontais! nWn pas trouve de lettres, en entrant dans la première pièce i'ehtendis prononcer mon nom. Je suis superstitieuse et je Sis aux
Edouard \%Z e'ne etJ.éco»tai a Ia P^te de la chambre où Jidouaid et son ami causaient à voix basse, mais assez distinctement cependant pour que je pusse les entendre Edouard lî
étàenttn^11 Une 'jSt° COntenaDt leS noms de ses aSfaqîd étaient \em s savoir de ses nouvelles pendant sa maladie
ami n PaS VenU d'aulres Personnes? demanda-t-il à son
— Je ne pense pas, dit l'étudiant.
— Et elle? demanda tout à coup Edouard
vermPet pomqÛôfrndlt ^ Hélène?" C°mment seM°
ÉdTnaïavec facile. ^ PM *»* M ai écHt? té^aa -Est-ce que le délire te reprend ? répondit l'étudiant. Quand
v ïîiî "S'tU( éCl:i.t; Tu aS été f0» Pendant quinze jours i y a\ait des instants ou* tu croyais être le pape.
m'hait SwîT « j° -r même 0Ù J'ai été blessé- Le doct*m à vivr^ ï" «ft^gne j'ai cru n'avoir plus deux heures à vivre. Je lui ai écrit que j'étais en danger de mort, que je voulais la voir une dernière fois, qu'à tout prix il fallait quel e vînt.
- Tu crois avoir écrit? Tu te trompes
— J en suis bien sur, continuaÉdouard, je me souviens neutctre ! j ai môme fait porter ma lettre en me cacTant dfto .
- A ors ç est différent, répondit l'étudiant.
— Elle n est pas venue ! mumura Edouard ; elle a su nue étais mourant, et elle n'est pas venue ! Et quant bien même
fêtais So„ram,SHPaS-éCr,V,elle-a dÙ être instruite du da°ger où j étais. Son médecin est le mien, c'est elle qui me l'a procuré Sans cœur n, pitié! Qu'est-ce que je lui demandais pourtant" De venir seulement... c'était tout... et elle n'est pas venue'
ïs^ïflSr; qm>vait été son amant Pendant deux ans avait à moitié le drap des morts sur la figure et elle n'est
KnT à «S " ""?*# * F" <™*A*l « bal, dan le monde, à 1 Opéra... et elle n'est pas venue !
— E e n aura pas pu, qui sait? répondit l'ami d'Edouard
- Elle pouvait bien jadis. Les torts que j'ai pu avoir envers elle autrefois nerjust fient pas son abandon d'aujourd'hui e d ailleurs si elle craignait de se compromettre par une visite' ne pouvait-elle pas écrire? Non, le dis-je, elle est sans excuseson silence et son abandon nie font douter môme de son amour passe. — Sans cœur, sans cœur, comme toutes ses pareilles I Lt, pendant ce temps-là, qui prenait soin de moi, qui veillait
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