LA BROUETTE DE JEANNETTE
Aie : Eh ) vogue ma nacelle (de Marie).
Jeannette est une brune Qui demeure à Paulin,
Où toute sa fortune Est un petit jardin. Sans cesse elle répète En narguant les soucis :
Eh ! roule ma brouette Qui porte mes radis !
Jeannette eut au village Plus d'une passion, Fut-elle toujours sage?
C'est une question.
Chaque jour la fillette Dit : Allons à Paris !
Eh ! roule ma brouette Qui porte mes radis !
Se montrant accessible Pour un joli garçon, Jeannette est insensible Aux offres d'un barbon ; Elle dit : Ma couchette A peur des cheveux gris !
Eh ! roule ma brouette Qui porte mes radis!
D'abord un militaire Pour la belle brûla ; Aisément il sut plaire, Mais il la planta là.
Çà fit pleurer Jeannette, Qui bientôt a repris :
Eh I roule ma brouette Qui porte mes radis !
Un fermier pour la belle Eut aussi de l'amour; Cette fois ce fut elle Qui ne l'aima qu'un jour :
Il poursuit la coquette, Qui lui répond : Tant pis!
Eh ! roule ma brouette Qui porte mes radis !
Méprisant la richesse, Jeannette dit encor :
Je donne ma tendresse, Ce n'est pas pour de l'or :
Le plaisir qu'on achète Vaut-il l'amour gratis ?
Eh I roule ma brouette Qui porte mes radis !
Paul de Kock, ennemi du bruit, amoureux des grands arbres, courtisan des fleurs, rêvait la commune heureuse.
Il en racontait souvent les merveilles à ses intimes.
Lui, si peu voyageur, il s'y fût rendu avec empressement.
Cette commune, où le romancier populaire eût voulu dresser sa tente, qu'il me soit permis de la décrire, car un de ses anciens habitants m'a fourni des notes précieuses.
Ce qui séduit le plus le Parisien, ce sont les voyageurs qui lui arrivent de tous les points du globe... Il s'extasie à la robe des ambassadeurs chinois; il suit avec curiosité les burnous des fils d'Abd-el-Kader ; il quête un sourire d'Emma, la reine sauvage, et, malgré la réputation douteuse que Méry a donnée aux Thugs, il ne fait pas mauvais
accueil aux chefs indiens qui descendent au Grand-Hôtel avec des casse-têtes dans leurs malles et des plumes d'autruche autour de leurs fronts....
Le proverbe ancien disait :
A beau nienlir qui vient de loin.
Le mensonge n'est plus aussi facile depuis que la Société de géographie examine et commente les titres du touriste de mérite, en lui offrant sa savante hospitalité.
Il s'est trouvé un voyageur... Il n'arrivait ni de l'Afrique septentrionale, ni des sources du Nil, ni du royaume des Patagons; il arrivait de son village... un coin de terre perdu dans les montagnes..., un de ces nombreux arrondissements par lesquels tout département se subdivise , que la Constitution de l'an III eut tort de supprimer et que la Constitution de l'an Vil a rétablis comme ils sont aujourd'hui.
« Vous venez, lui dit-on, à Paris pour l'Exposition universelle, ou bien encore pour quelque congrès agricole, ou bien aussi pour solliciter quelque amélioration locale des ministres de L'intérieur ou de l'agriculture. »
Le bonhomme secoua la tête en signe de négation.
« Je cherche, répliqua-t-il, à remplacer la patrie que j'ai perdue.
« — Vous n'êtes donc pas Français?
« — Faites excuse.
— « Et ne trouvez-vous pas que cette qualité en vaut bien une autre?
« — Hélas! monsieur, fit notre voyageur avec un profond soupir, il y a cent patries dans une seule comme il y a de nombreux lobes dans le même cerveau, des conduits multiples dans le même cœur, hélas!... j'avais trouvé l'oasis....
« — Aujourd'hui pourtant, répondis-je, la patrie se centralise. On vit de la vie commune à quelque point que l'on réside... grâce à la rapidité des chemins de fer. »
Mon homme poussa, à ces mots, une douloureuse interjection, leva les mains au plafond du Grand»Hâtel qui figurait en ce moment le ciel... et s'écria :
« Les chemins de fer ! les wagons! les rails ! les embranchements surtout... voilà la véritable cause de la vie errante à laquelle je suis condamné!... Avec le train express sont partis mon repos, mon bonheur, ma joie J.., et ilsn'ont pas pris de billet de retour.... »
Curieux à l'égal d'une soubrette de comédie, ou d'un agent du service de sûreté, je résolus de savoir la véritable cause du chagrin de ce bon voyageur.
11 n'avait ni morgue, ni dissimulation, et il suffisait que j'exprimasse le désir de connaître sa légende pour qu'il m'ouvrit son âme à deux battants....
Il parla... j'écrivis ce qu'il disail au fur el à mesure que les paroles tombaient de ses lèvres....
Et voici ce qu'il me conta :
J'ai vécu longtemps dans un coin de la Prance où la flore
est splendide, le ciel italien, le sol protégé par de verdoyantes montagnes.
Ce n'est pas sous des choux que l'on y trouve les enfants; c'est sous des roses plus nombreuses que les produits du potager... dans ce pays prédestiné.
Je passai là un matin pour y boire un coup de vin avant de poursuivre ma route, et j'y suis resté trente ans.
« Quel fut, interrompis-je , l'aimant assez fort pour vous retenir ainsi ?
— Vous allez le savoir, répondit-il, si vous me laissez narrer sans m'arrèter. »
J'entrai donc un beau matin dans la commune de..., après avoir parcouru l'arrondissement tout entier.
C'était encore l'époque où l'on se montrait fort strict pour la régularité des passe-ports.
Les gendarmes jouaient aux boules, et, en me voyant, ils ne se dérangèrent pas de leur partie.
« Voulez-vous voir mes papiers, demandai-je?
— A quoi bon? répondit le brigadier, qui visait les quilles avec religion....
— Si j'étais pourtant un crocheteur de serrures?
— Il n'y a pas de serrure ici, répondit-il en poursuivant son jeu; toutes les portes s'ouvrent en les poussant de la main....
— Si je voulais voler? .
— La fortune de chacun est en biens-fonds, dit-il en abattant les quilles d'un bras vigoureux , et vous n'emporterez
pas un champ dans votre poche... Quant au vin, au pain, au laitage, au sarreau de grosse toile, au manteau de grosse laine.... inutile de les voler... demandez-les à chacun de nous... on vous les donnera de grand cœur. »
Puis il ramassa la houle qui avait été rouler au loin et recommença sa partie,
La ville, tout petit chef-lieu d'arrondissement, était assez grande, et je fus fort surpris de n'y point voir de boutique de pharmacie, aux bocaux de liquides colorés, au serpent d'Hygie allongeant ses anneaux sur les contrevents.
« Il y eut, m'apprit un vieux du pays, avant le premier empire, un apothicaire : mais le défaut de clients l'a obligé de nous quitter. Il a inventé un emplâtre et est allé l'appliquer à Paris où il a fait fortune...
— Et pourquoi n'a-t-il pas réussi chez vous?
— Parce que, si nous étions malades, la pharmacie modèle... qui appartient à tous... la voilà. »
Et il me montrait les champs et les bois où croissaient les simples, ces plantes bien connues des moines guérisseurs el dos bonnes femmes aux remèdes traditionnels... ces ressources principales de la pharmacopée moderne.
Je demandai à mon interlocuteur s'il existait un médecin dans la vicinalité.
Il me montra une maison verte, entourée de jasmin et de boutons d'or... à laquelle j'allai frapper.
Un gros père, réjoui, au visage rebondi, à la mine rabelaisienne, m'ouvrit, et voyant que j'étais étranger, il s'écria. avec joie ;
« Seriez-vous un vrai malade ?
— Peut-être... balbutiai-je... je suis un preneur dénotes, étudiant le pays que je parcours... et j'ai quelque peu de fatigue... Depuis combien de temps habitez-vous cette commune?
— Depuis vingt-cinq ans, répondit le médecin; elle a voulu avoir un docteur comme le prince de Monaco voulut avoir une armée. Elle a assuré 400 fr. par an au fds d'Esculape qui s'établirait ici.... J'y suis venu et me voilà....
— Vous vous y trouvez bien, alors?
— C'est une sinécure, les enfants arrivent au monde tous seuls... les vieillards s'en vont sans s'en apercevoir... Les hommes sont bruns et forts comme le bronze de Florence; les femmes sont roses et fraîches comme des pommes d'api, il n'y a jamais eu de malade sérieux; on guérit les brûlures avec la pomme de terre râpée, les coupures avec la toile d'araignée, et les meurtrissures..., avec le temps.... J'ai demande partout un vrai malade pour ne pas oublier mon métier; je lui ai offert le couvert à ma table et des appointements.... Je n'en ai pas trouvé à cinq lieues à la ronde....
— Quel pays prédestiné? m'écriai-'e.
— Pas pour Hippocrate assurément, répliqua-t-il. Ah çà ! monsieur le voyageur, entrez sous cette charmille, que je vous fasse boire le vin du cru et que je vous présente à la
femme que j'ai épousée ici.... après quoi vous me direz la nature de votre indisposition. »
Et le Broussais champêtre me poussa doucement suus un bosquet.... de lilas épanouis.
11 y avait là une belle dame qui lui envoya un sourire.
De beaux enfants escaladèrent ses genoux.
« Vous le voyez, me dit-il, si je n'ai pas trouvé la maladie, j'ai rencontré la paix conjugale, les joies paternelles.... Maintenant, dites-moi où est votre mal !
— Mon mal, docteur, répondis-je, c'est de n'avoir pas encore trouvé, comme vous, le chemin du vrai bonlicur. »
Des habitants du bourg- où je m'étais arrête n'avaient pas de notions bien justes en matière politique, ils n'eussent pas fait de barricades pour réclamer le droit de voter.
Et le suffrage universel a dû les trouver peu préparés à son exercice.
La façon dont les viejllards répqndaient au? questions des jeunes gens donnera une idée de leur naïveté charmante.
« Pourquoi, disait un enfant, le ruban de la Légion d'honneur est-il écarlate?
— Il est rougi, répondit l'ancien, a\er le sang versé pour la patrie....
— Pourquoi ne voit-on, sur les pièces de monnaie d'or, d'argent ou de cuivre, que la moitié de la figure du souverain ?
— Pour apprendre aux lions esprits qu'ils ne doivent pas chercher à tout voir et à tout savoir.
— Pourquoi l'auréole du Christ n'est-clle pas, comme la couronne du roi.... collée contre la tète?...
— Parce que la couronne d'épines qui la ceignit étroitement est plus splendide encore.... »
Le lendemain du jour où j'arrivai dans cette localité é^ait un dimanche.
Comme on dansait sous les verts ormeaux, une averse tomba....
a En prison! s'écrièrent les cavaliers.
— En prison ! » s'écrièrent les danseuses folâtres. Surpris par cette lugubre exclamation, je suivis la foule
juvénile qui s'arrêta devant la maison de détention.
« Eh ! geôlier! s'écria le joyeux rassemblement, voici des gens qui t' arrivent. »
Et on ouvrit la porte, dépourvue de tout verrou. On envahit le préau, qui offrait au quadrille un espace couvert.
Et l'innocent gigotement se continua jusqu'à ce que le soleil fût revenu dorer les abris de feuillage qui formaient la salle de bal favorite de l'été....
« Comment ! demandai-je, on laisse danser dans le préau?
— Il n*y a jamais eu de prisonnier ici... pas de criminel!
— Pas un seul coup de couteau donné en colère V
— Les habitants sont doux.
— Pas un amant jaloux?
— Les femmes sont honnêtes.
— Pas un réfractaire au service militaire V
— Les hommes sont braves.
— Pas un criminel de passage?
— Les brigades de gendarmerie traversent la ville sans s'arrêter.... 11 y a bien un cachot pour renfermer les condamnés à mort.... il n'est pas inutile.... la bonne du maire y fait sécher son linge en hiver.
— Que fait donc le chef du parquet?
— Il voit les crimes.... dans la Gazetye des Tribunaux.
— Et le juge de paix du canton?
— Il se dispute quelquefois avec sa femme, qui est parisienne.... et ce sont les voisins du pays.... qui les remettent d'accord.... »
Je demandai alors si les fdles étaient légères et provocantes.
« Elles ne sont coquettes, me fut-il répondu, que dans la saison d'été; pendant que la terre les pousse aux parures pittoresques, en leur offrant se£ plus chatoyants produits; elles ont alors les couronnes de roses, les cerises en pendants d'oreilles, les graines écarlates du sorbier, contrefaçon du corail, en longs colliers.... Dans les années où les roses ont manque, les filles sont moins belles.
— Et n'y a-t-il jamais de séduction, de pauvre créature trompée?
— Jamais.... ù Paris, on se moque de la fille abandonnée, ici on stigmatiserait le séducteur.... U s'est trouvé une seule
fois parmi nous une Marguerite nouvelle , mise à mal par un faux rustique... On fit une layette à son enfant, on rendit le courage à cette àme dont la simplicité avait causé le malheur.... Le suborneur voulut se marier.... il ne trouva pas une fille qui consentît à accepter l'anneau d'or de ses mains.... Il revint aux pieds de celle qu'il avait lâchement délaissée.... Elle le repoussa avec dédain...
— Et elle resta sans mari?
— Non; un brave garçon l'épousa; et la traditionnelle feuille d'oranger fut cueillie aux arbustes odorants, comme si la fiancée avait eu droit à la couronne virginale....
— Elle porta denc indûment cet emblème d'innocence ?
— Non, ce fut son petit enfant adopté par le mari, et qui se tenait à l'autel en robe blanche.... souriant entre les deux époux.... »
Lorsque, le premier jour de mon séjour, je voulus me coucher, je demandai à l'aubergiste une chandelle.
« Une chandelle ! me fut-il répondu. ... il faudra que nous allions en emprunter une chez le cabaretier.... qui est au bout du pays.
— Vous n'en avez donc pas ici?
— Jamais.
— Pourquoi donc?
— Parce que nous prenons notre lumière du ciel... le
soleil levant nous appelle.... le soleil couchant nous invite au repos.
— Et le cabaret?
— Les gens du pays n'y vont guère; chacun a son vin chez soi.... »
Les bonnes gens avaient supprimé la veillée; ils reposaient à la fois l'âme et le corps quand venaient les ténèbres.... C'est là, peut-être, une des causes de la douceur de leurs mœurs et de la docilité de leurs caractères....
J'ai vécu trente ans dans ce pays bienheureux, qui n'envoyait pas un coupable aux assises, pas un indiscipliné aux conseils de guerre, pas un plaideur aux avocats du chef-lieu du département.
Le sous-préfet, jeune homme de haute naissance, avait autant de calme que Mmc Deshoulières, en conduisant son troupeau administratif, et pouvait dire, comme elle :
Petits moutons, que vous ci. -■ heureux, Vous paisssz dans ces champsj sans soucis, Bans alarmes, Aussitôt aimés qu'amoureux
Il passait les deux tiers de son temps dans la capitale, e1 L'arrondissement n'en allait pas plus mal.
Les épidémies faisaient le grand tour puni' ne pas atteindre cette terre fortunée; il n'existait p;is de pauvres dans le pays, caries vieillards et les infirmes étaient adoptés
par la commune, et je ne crois pas, que le diable lui-même y ait jamais fait de bonnes affaires.
J'en parlai un jour avec le vénérable curé.
« Mes paroissiens sont si bons, si purs, dit-il, que je puis confesser, la veille de Pâques, toute la commune en une heure de temps.
— Ne vous est-il jamais arrivé d'avoir à catéchiser un coupable?
— Une seule fois, me dit l'abbé; un vigneron, ancien troupier revenu tout nouvellement dans ses foyers..., ayant trop bu, se prit à blasphémer et à faire scandale en proférant force jurons qu'il avait appris dans les camps. Il était si ivre et si désireux d'esclandre qu'il vint jusqu'à mon presbytère, dont il cassa un carreau.
Nous n'avons pas facilement de vitrier dans ce pays. Le lendemain je remplaçai le verre fracturé par un morceau de papier blanc sur lequel j'écrivis en lettres assez grosses pour être lues de tout le monde :
Tu ne jureras pas le nom de Dieu en vain.
« A la vue de l'inscription, ajouta le prêtre, personne ne proféra plus de paroles blasphématoires... »
J'admirai l'excellent ecclésiastique qui faisait ainsi servir un accident d'ivrogne.... à l'éducation morale de ses ouailles.
Cette commune heureuse, décrite par un voyageur naïf, eut été le rêve accompli de Paul de Kock.
Pas de journaux, annonçant les erreurs de l'humanité, pas de compétition, pas de querelles de partis, — partant pas de haine.
De belles récoltes, de beaux enfants, un beau soleil, des lilas et des rires à discrétion.
Ce devait être là le pays de ses désirs.
Je ne veux pas clore cet ouvrage, écrit au courant de la plume, improvisé de par les élans du cœur, sans jeter un coup d'œil sur l'influence des œuvres de Paul de Kock sur son siècle.
On aura beau se montrer incrédule, on aura beau présenter en première ligne les grands politiques, les magistrats solennels, les guerriers redoutables, les poètes entraînants.
Le roman de Paul de Kock n'en a pas moins exercé son action sur la génération de 182(ï à ISIiO.
C'est aujourd'hui tout un monde évanoui. Aujourd'hui <>n pose, on cherche le factice, la contrefaçon.
Les hommes imitent les Anglais. Les femmes imit<iit le dix-huitième siècle. ,
On met des chapeaux relevés avec des jupes qui traînent.
On endosse le paletot le plus roide de jpupe, le gilet Je plus long de forme.
C'est pourri de chic, et tout est dit.
Les héros de Paul de Kock sont risibles souvent, moraux toujours, méchants jamais.
Ces boutiquiers, ces petits rentiers, ces commis voyageurs, sont d'une exactitude de ressemblance étonnante....
Bien qu'ils aient été reproduits sur le papier avant l'invention de la photographie.
La qualité dominante de ces scènes prises sur le vif, c'est le naturel.
Chassez le naturel, il revient au galop,
a dit Boileaule satirique.
Ce n'est pas tout de le voir revenir, quand on est peintre de mœurs.... il faut encore le saisir et lui conserver sa sincère expression.
Les grands satiriques de'tous les temps ont frappé les classes élevées. Ils ont visé haut.
Molière a attaqué les bourgeois riches, les prêtres omnipotents, tout ce qui dominait la moyenne des citoyens.
Paul de Kock, aune époque où la petite bourgeoisie était la maîtresse suprême des événements, alors qu'elle venait <\e faire la révolution de 1830, et qu'elle préparait celle de 1848, a pris cette fraction de la population pour objectif.
11 a crayonné de droite et de gauche les types les plus accusés de ce nouveau tiers état.
La Famille Benoiton, il l'avait entrevue vingt-cinq ans avant Sardou.
La Dame aux Camélias, il l'avait vue passer, alors que Dumas fils était encore au collège.
Seulement il ne songea jamais à en faire une courtisane réhabilitée, comme la Madeleine, par le martyre.
J'ai dit, au cours du présent ouvrage, L'influence du rire sur les mœurs.
La gaieté engendre la bonté. Tous les tyrans furent sérieux.
Le mot pour rire ne naît pas dans un cerveau malade. Le rire naît de la joie.
Et dans ce monde, dans ce bas monde, comme dit le peuple, la joie est la meilleure manifestation d'une douce philosophie.
Savoir se contenter de peu, n'avoir ni ambition exagérée, ni aigre envie, voilà la condition nécessaire pour ne pas engendrer la mélancolie.
Alissan de Chazet a donné, il y a plus d'un siècle, au Caveau, une monographie du Rire.
La voici, telle que je la trouve dans les mémoires et journaux de l'époque :