‹ La vie de Christophe ColombChapitre 29 sur 47 · ÉTAT DE LA COLONIE. — REVOLTE DE ROLDAN · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LA COLONIE. — REVOLTE DE ROLDAN

L'amiral avait quitté Hispaniola depuis deux ans et demi. L'Adelantado avait bâti, en son absence, sur les rives de l'Hayna, près des mines, le fort Saint-Christophe. Il avait élevé ensuite, à l'embouchure de l'Ozama, une autre forteresse qui reçut, de la piété filiale des Colomb, le nom de leur père Dominique, et s'appela Saint- Domingue : une ville, capitale définitive de l'île et siège du gouvernement, se construisit bientôt sous les abris de la forteresse. Puis l'Adelantado se rendit dans les États de Guarionex et deBehechio. Il établit sur le meilleur pied les relations des Européens avec ces deux caciques, et revint à Isabelle,

Il y trouva, comme de coutume, l'insubordination et le désordre. Les colons souffraient une misère extrême. Les trois caravelles d'Alonzo Nino étaient arrivées apportant des vivres ; mais les bureaux de Séville avaient encore fraudé sur les fournitures ; on avait donné peu de soin à leur conservation dans la traversée; la plus grande partie des approvisionnements fut donc perdue. Les bureaux de FOrdonnateur atteignaient ainsi leur coupable but : provoquer, par la famine, le désespoir et la révolte contre les Colomb. Barthélémy, pour occuper les bras et les esprits, faciliter les approvisionnements sur place et disséminer les fauteurs de rébellion, fit construire deux caravelles exclusivement destinées au service de l'île, relia Isabelle avec Saint-Domingue par les forts Espérance, Sainte-Catherine, Saint- Jacques et Conception, et répartit entre ces postes la population inutile ou dangereuse d'Isabelle.

Le Père Bergognon, le frère Roman Pane et les autres missionnaires, secondés et favorisés par Barthélémy, avaient parcouru les peuplades et converti quelques familles. Guarionex, gagné par leurs instructions, avait appris le Pater ^ VAve^ le Credo; il les faisait répéter chaque jour à toute sa maison, et se préparait à recevoir le baptême. Les reproches, à ce sujet, des autres caciques ne l'intimidaient pas. Mais un Espagnol, auquel il accordait une hospitalité aussi généreuse qu'imprudente , débaucha la plus aimée de ses femmes, et s'enfuit avec elle. Guarionex ne voulut plus entendre parler d'une religion qui, à ce qu'il croyait, permettait de tels crimes. Poussé à la révolte par les caciques voisins et ses propres sujets, il déclara la guerre aux Espagnols. L'Adelantado le vainquit et le fit prisonnier. En s'enquéranf , après la

victoire, des causes de cette insurrection, Barthélémy apprit l'injure dont Guarionex avait eu à se plaindre : il lui rendit sur-le-cliamp la liberté, et emprisonna le séducteur de sa femme. Autant cette justice de TAdelantado lui rattacha les indigènes, autant elle mécontenta les Espagnols : ils se sentirent menacés, par cet exemple, dans leur libertinage; rien ne pouvait leur inspirer plus d'aigreur.

Bien avant l'arrivée des Européens au Nouveau Monde, l'or était, aux yeux de ses habitants, un objet de prix : ils s'en paraient, ils en trafiquaient, ils exécutaient de longs voyages pour se le procurer. Le regardaient-ils comme une matière sacrée de sa nature? En raison de sa valeur, regardaient -ils comme une faveur particulière de leurs dieux , d'être mis sur sa trace? Il est certain, en tout cas, qu'ils se soumettaient à des pratiques et à des cérémonies superstitieuses au moment de le chercher. lisse séparaient de leurs femmes pendant les vingt jours qui précédaient leurs travaux : ils s'imposaient certains jeûnes et d'autres pratiques. Cet usage, Colomb crut devoir le mettre à profit : il déclara que des chrétiens seraient inexcusables, s'ils faisaient moins que les idolâtres . pour mériter l'or, des bontés de la Providence. Il voulut qu'avant de commencer l'exploitation d'un gîte, ils cessassent toujours leurs violences : quitter leur vie dissolue, se confesser, prier, jeûner ; il exigeait qu'ils rendissent ainsi Dieu propice à leurs travaux. Il ne délivrait de permis pour l'exploitation des mines, qu'aux chercheurs dont les mœurs régulières étaient attestées par les ecclésiastiques ou religieux de leur résidence. Cette loi, qu'on avait subie avec peine sous l'amiral, on tenta de s'en affranchir sous l'Adelantado ; mais Barthélémy fit strie-

tement exécuter les prescriptions de son frère. De là, d'implacables rancunes.

François Roldan était Grand Juge de la colonie. Colomb l'avait " tiré de la misère et de l'obscurité „ : il se flatta que l'amiral, son bienfaiteur, ne reviendrait plus d'Espagne : s'il parvenait, pensait-il, à s'emparer, sur Barthélemey et Diego, du gouvernement d'Hispaniola, l'autorité lui demeurerait. Profitant donc d'un voyage de Barthélémy dans les États de Behechio, il s'insurgea à la tête d'une forte partie de la garnison d'Isabelle, puis osa se porter, les armes à la main, contre l'Adelantado, sous les murs de Conception. Il alla ensuite établir son quartier général dans les États de Guarionex; il le fit révolter de nouveau, ainsi que les autres caciques, sous prétexte de délivrer l'île des Colomb, les tyrans, disait-il, des Espagnols et des Indigènes.

Sur ces entrefaites arrivèrent, conduites par Coronel, les deux caravelles chargées de vivres que la Reine, à la prière de l'amiral, avait eu la précaution d'envoyer à Hispaniola, pendant qu'on armait si lentement, à Séville , la troisième escadre de Colomb. Ce fut le salut de la colonie : les troupes que Coronel amenait et les provisions de toute espèce, dont ses vaisseaux étaient chargés, raffermirent le pouvoir chancelant de Barthélémy. " La confirmation de son titre d'Adelantado ; la nouvelle que l'amiral était en faveur à la cour, et qu'il arriverait bientôt avec une escadre, jetèrent la frayeur parmi les révoltés (1). Ils continuèrent néanmoins à tenir la campagne.

Six mois après, l'amiral arriva. Le parti rie Roldan,

(1) Washington Ihwing.

toujours cantonné dans l'intérieur, s'était considérablement grossi et fortifié. La ville d'Isabelle dépérissait; la culture et tous les travaux y étaient délaissés ; les Européens à force d'extorsions et de cruautés, avaient chassé des environs la population indigène, et le pays autour d'eux n'était plus qu'une solitude. Si les insulaires se tenaient dans une sujétion complète, en apparence, tout faisait comprendre que les vexations de Roldan et de sa troupe , leur remettraient , à la première occasion, les armes à la main. Et l'amiral, pour comble, n'était entouré que de soldats auxquels il ne pouvait pas se fier. Les plus fidèles étaient malades , les plus valides, ouvertement sympathiques à Roldan. Il fallut que Colomb, pour gagner du temps, se résignât à parlementer avec un traître.

Ces humiliantes négociations n'avaient rien produit encore, lorsque, plus de six semaines après son arrivée, Colomb dut renvoyer cinq caravelles en Espagne. Il les avait retenues jusque-là, dans l'espoir que Roldan et les siens accepteraient d'être rapatriés; mais ni Roldan, ni ses complices ne voulurent échanger contre le plaisir de revoir leur patrie , la licence dont ils jouissaient dans la Vallée Royale.

Colomb expédia les navires. Ils emportèrent, pour les souverains, entre autres présents, cent soixante et dix perles superbes, des joyaux d'or échangés sur la côte du continent et deux cartes, l'une des côtes de Paria', l'autre de la route pour y arriver. Par la lettre particulière qui accompagnait cet envoi, l'amiral priait les Rois de vouloir bien considérer que ces perles étaient les premières arrivées d'occident en Europe ; il annonçait son dessein de faire continuer, par son frère Barthélémy, avec trois caiavelles, la reconnaissance de la

terre ferme, aussitôt que le rétablissement de l'ordre dans la colonie lui permettrait de se priver du concours de l'Adelantado et des équipages.

L'amiral exposait, dans un rapport spécial, les événements survenus, en son absence, à Hispaniola. Une se décourageait pas encore : les factions, les émeutes, la cessation des cultures ; les impôts que les Indiens ne payaient plus ; les Espagnols vivant sans foi ni loi ; les plus audacieux rançonnant les Indiens , leur dérobant leurs| femmes, les tuant même par jeu et par caprice; les moins méchants, avilis dans une lâche paresse, entretenant, sans honte ni crainte de Dieu, des concubines, et obligeant, chacun, plusieurs naturels à être leurs domestiques; quoique tout cela le désolât profondément, il y aurait remède, disait-il, si l'autorité des Rois consentait à protéger l'œuvre contre ses envieux, si l'Ordonnateur cessait d'entraver toutes les mesures salutaires. Les ressources actuelles de l'île, ajoutait Colomb, ne demandaient qu'à être exploitées par une bonne main : il suffisait de vouloir, pour tirer du sol toutes les choses nécessaires à l'existence, excepté les vêtements et le vin. Les Castillans étaient habitués déjà au pain de cassave ; il en faisait préparer de grandes récoltes par les insulaires ; une foule de racines très nourrissantes abondaient, comme aussi le poisson dans les rivières, la volaille autour des habitations, le gibier, dans le bois et les savanes ; tout se réduisait donc à réformer les habitudes vicieuses des colons. A cette fin, l'amiral proposait qu'à chaque départ de bâtiments pour l'Europe, on renvoyât, comme il faisait alors, cinquante colons anciens, parmi les plus turbulents et les plus nuisibles, les remplaçant, au fur et à mesure, par autant de nouveaux émigrants, amis de la discipline et du tra-

vail. Il demandait que des ecclésiastiques fussent envoyés pour instruire et convertir les Indiens, et, " ce qui n'était pas moins nécessaire, dit Washington Irwing , pour réformer les Espagnols vicieux „. Il demandait, entre autres officiers et agents de la couronne, un juge non seulement versé dans la science du droit, mais habitué à rendre la justice. Il insistait pour que ce juge fût Espagnol : il savait par expérience que l'autorité exercée par des étrangers n'obtenait pas un suffisant respect de la part des Castillans. Il réclamait enfin le droit, pour les colons, pendant deux ans encore, de se servir des Indiens comme esclaves; il restreignait toutefois la mesure aux Indiens pris à la guerre ou dans les insurrections (1).

Pendant une année entière, l'amiral condescendit en vain aux plus pénibles pourparlers avec Roldan. A la

(1) Washington Irwing trouve que " ce paragraphe altère beaucoup la beauté morale de cette excellente lettre, n Toutefois il rereconnaît que Colomb avait » pour excuse la coutume du siècle, et il affirme qu'une pareille demande était « en contradiction avec la douceur de son caractère et avec sa conduite vraiment paternelle à l'égard de ce peuple malheureux. «

Moins que tout autre, Washington Irwing devait, dans cette circonstance, critiquer Colomb : les citoyens les plus vénérés et les plus vénérables de l'Amérique seraient taxés, à bon droit, d'avoir failli à la » beauté morale, n s'il suffisait pour cela qu'ils eussent adopfé, avec leurs plus honnêtes et leurs plus doux compatriotes, la coutume légale de leur époque et de leur pays relativement à l'esclavage. Colomb est hors de cause en cette matière. Jamais il ne posséda, jamais il ne voulut posséder un seul esclave ; ses détracteurs, au contraire, Fonseca, notamment, s'attribuèrent, en toute propriété, des centaines de malheureux captifs envoyés de Saint-Dominique en Espagne.

lin de l'été, en 1499, les factieux étaient encore sous les armes, de jour en jour plus nombreux et plus entreprenants. Colomb reçut alors la réponse des souverains au rapport que nous venons d'analyser. Ils n'écrivaient pas eux-mêmes ; ils avaient chargé de ce soin l'Ordonnateur. Fonseca informait l'amiral, en leur nom, que l'affaire de la révolte devait rester en suspens, attendu que Leurs Altesses l'examineraient et y remédieraient bientôt.

N'eût-elle été qu'une fin de non-recevoir, cette réponse insultait à Colomb , outrageait la couronne, énervait toute action disciplinaire. Elle était, pour tout dire, une menace à peine déguisée. Colomb le comprit. Il prévit que l'audace des rebelles ne connaîtrait plus de bornes, lorsqu'ils seraient avisés de la neutralité, toute en leur faveur, professée par le gouvernement. Il prévit que ses propres partisans se refroidiraient et l'abandonneraient. Il tint à conclure un arrangement, avant la divulgation de cette calamiteuse dépêche : il souscrivit aux exigences les plus inouïes de Roldan, sous la seule réserve de la ratification des Rois. Il voulut espérer qu'informés, plus tard, des considérations de salut public et de force majeure, qui lui arrachaient cette humiliante capitulation, Isabelle et Ferdinand refuseraient de la sanctionner. Il signa, au mot de Roldan, et se disposa aussitôt à partir pour l'Espagne avecl'Adelantado. L'ordre n'était pas encore, à beaucoup près, rétabli dans la colonie ; il ne la remettait pas sans inquiétude en cet état, aux mains relativement faibles de Diego ; il regrettait surtout d'ajourner indéfiniment les découvertes qu'il avait compté faire sur le continent, par l'entremise de Barthélémy; mais il sentait vivement aussi que la cabale ennemie l'emportait en Espa-

gne : il fit passer avant toutes les autres considérations, l'urgence d'aller de nouveau combattre aux pieds du trône les calomniateurs de sa personne et des Indes.

Tout à coup, il apprit que quatre vaisseaux venaient de jeter l'ancre dans la partie occidentale de l'île, un peu au dessous du port Yaquimo. Ojeda les commandait. Toutes leurs allures donnaient l'idée d'une navigation de contrebande. Ojeda expliquait sa relâche dans un havre désert, également éloigné d'Isabelle et de Saint-Domingue, par le désir invraisemblable de charger du bois de teinture. Colomb, inquiet, dépêcha Roldan vers Ojeda. Roldan avait du moins le mérite de l'habileté inquisitoriale et d'une grande énergie. A son retour, il apprit à Colomb qu'Ojeda arrivait de la côte de Paria.

Comment la cour, au détriment de Colomb, en violation de tous ses privilèges, avait-elle autorisé ce voj^age ?

Les perles et les cartes envoyées l'hiver précédent par l'amiral en Espagne, avaient été, pour ses ennemis, un nouveau sujet d'irritation et un excellent moyen de lui porter préjudice. Ils comprirent ce qu'avait de grave l'envoi, des Indes, de productions d'une richesse aussi visible ; ils comprirent que ces perles recueillies, en courant, si grosses et si nombreuses, sur la côte de Paria, ne permettraient plus de représenter les découvertes du Nouveau Monde comme des acquisitions ruineuses de marécages fétides : loin de là, le prestige qui ne manquerait pas de s'attacher, dans l'imagination populaire, au nom de l'amiral, par la nature même de ces nouveaux trésors, consacrerait ses privilèges et fortifierait sa situation. Ils avisèrent. Ils pouvaient, à l'aide des cartes envoyées par Colomb avec les perles, dépêcher une escadre sur la

côte de Paria, et prétendre ensuite que cette escadre avait découvert cette côte. L'Ordonnateur confia à Ojeda cette odieuse entreprise. Il lui délivra une commission que ni le Roi ni la Reine ne signèrent. Le Roi ne signa pas, parce que la Reine alors eût dû signer aussi : on aima mieux tout cacher à Isabelle.

Aux termes de sa commission, Ojeda ne devait aborder aucune des terres découvertes par Colomb avant 1495 ; c'était lui permettre d'aller à Paria et à l'île des Perles , puisque Colomb avait fait ces découvertes àei^uis 1495. Communication lui fut donnée des cartes de l'amiral indiquant la route. La couronne devait recevoir un trentième des bénéfices du voyage. Améric Vespuce fut associé à Ojeda. La plupart de ses pilotes et officiers, Jean de la Cosa et Barthélémy Roldan, par exemple, furent des élèves de Colomb. Les vaisseaux partirent d'Espagne en mai 1499, rangèrent la côte de Paria, entrèrentdans legolfe de Venezuela, que l'amiral, à son vif regret, n'avait pu visiter, puis se rabattirent sur Hispaniola.

La douleur de Colomb fut profonde à la nouvelle d'une violation si directe de ses prérogatives et de la foi jurée ; elle fut portée au comble par la conduite d'Ojeda sur l'île. Ojeda proposa aux Espagnols établis aux environs de Yaquimo de les débarrasser de la tyrannie des Colomb, de s'emparer du gouvernement, de mettre la main sur la personne même de l'amiral. La Reine, sa seule protectrice, était, leur dit-il, malade sans espoir de guérison. Le Roi, qui ne l'avait jamais aimé, se déclarait ouvertement contre lui. Ojeda se flattait tout haut, avec raison, du reste, de pouvoir compter sur la puissante protection deFonseca, qui serait bientôt l'unique maître des Indes, Il invita les Espagnols de

Jaquimo, la plupart anciens suppôts de la révolte de Roidan, à le suivre à Saint-Domingue, où il leur ferait payer de force tous les arriérés de solde. On marcha, en effet, sur Saint-Domingue; nul ne fit mystère, en route, du projet de livrer bataille à l'amiral, et d'en venir, contre sa personne, contre sa vie et celle de ses frères, s'il était besoin, à de sanglantes extrémités.

L'Adelantado était loin dans l'intérieur de l'île, avec la seule partie solide de la garnison. L'amiral n'avait d'autre appui que Roidan. Pour la première fois de sa vie, frémissant d'horreur à la pensée, non de sa propre mort, mais de l'assassinat préparé à ses frères, il tomba dans un état voisin du désespoir. L'iniquité de la cour, l'aversion tenace de Ferdinand, le crédit de l'Ordonnateur, croissant avec ses forfaits ; sa propre impuissance à réaliser le bien, sa mission civilisatrice odieusement changée en une tâche sanglante, ce n'étaient là qu'une partie de ses douleurs. Le malheur des Indiens, qu'il était presque réduit à se repentir d'avoir mis en contact avec le vieux monde ; les voir corrompus par les vices de l'Europe, et repoussés du christianisme par le spectacle de la vie infâme des chrétiens ; les savoir volés, rançonnés, massacrés, partout où il n'était pas pour les défendre, voilà ce qui abreuvait surtout son âme d'amertumes intolérables. Il résolut de se jeter avec ses frères sur une caravelle et de fuir à travers l'océan la rage de ses ennemis. Fût-il rentré en Espagne?

" Du fond de cet abîme de désolation, l'amiral eut recours, dit Munoz, à l'aide de Dieu, et ne l'invoqua pas en vain : il fut comme miraculeusement consolé. „ Le jour de la Noël 1499, comme il était plongé dans ses appréhensions les plus sinistres, il crut entendre une voix d'en . haut, elle lui disait : " 0 homme de peu de

LA VIE DE CHRISTOPHfc: COLOMB. Î9l

foi, relève-toi ; que crains-tu? Ne suis-je pas là? Prends courage, ne t'abandonne pas à la tristesse et à la crainte. Les sept années du terme d'or ne sont point expirées (1). En cela, comme en toutes choses, je prendrai soin de toi. „

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