ABANDON DE COLOMB A LA JAMAÏQUE
Sept mois s'écoulèrent sans qu'Ovando prît aucune mesure pour envoyer un navire à la Jamaïque. Il alléguait pour excuse des prétextes dérisoires : les soucis de la guerre contre les Indigènes, qu'il faisait en ce moment, et l'absence, dans la colonie, d'un navire assez grand pour recevoir à son bord et rappatrier tous les naufragés. Depuis un an, sans doute, aucun grand navire n'était venu d'Espagne à Saint-Domingue ; mais pour peu qu'Ovando eût pris un véritable intérêt à la sûreté de Colomb il lui eût été facile, dans l'espace de sept mois, de trouver quelque moyen, smon de l'envoyer prendre avec tous ses hommes, du moins de lui faire porter des provisions.
Diego Mendez, sollicitait, chaque jour, avec de nouvelles instances, la permission de quitter le gouverneur : il se fût rendu à Saint-Domingue, comme il était venu d'Azua; il y eût nolisé à ses frais, fait construire, au besoin, une barque assez grande pour porter, en attendant mieux, à Santa-Gloria, les ravitaillem^^its les plus
indispensables. Ovando s'y opposa formellement, constamment. Sept mois durant, il retint Mendez comme enchaîné près de lui, par ce motif que Mendez eût couru trop de risques, disait-il, à traverser seul, au milieu d'un pays insurgé, les soixante et dix lieues de forêts, de montagnes et de savanes qui s'étendaient du camp à Saint-Domingue? En réalité, il ne voulait pas que la population de Saint-Domingue, instruite du triste sort de l'amiral et de tant de compatriotes, improvisât, dans un élan d'honneur et de pitié, une expédition libératrice.
Après sept mois enfin, Ovando permit à Mendez d'aller à Saint-Domingue. Lorsqu'il y arriva, le désastre de Santa-Gloria était connu : Fieschi et ses hommes en avaient répandu la nouvelle; mais nul ne supposait qu'instruit également depuis sept mois, le gouverneur n'eût encore pris aucune des mesures exigées, en pareil cas, par l'humanité. On le sut par Mendez ; l'indignation publique fit explosion. L'amiral n'avait pas que des adversaires dans la colonie : son malheur , qui eût attendri la haine elle-même, navra ses amis, ses anciens serviteurs , ses obligés , et tout ceux qui, naguère , lui ayant, à tort, imputé leurs souffrances , avaient comparé, depuis, son paternel gouvernement avec la tyrannie, hautaine toujours, souvent inepte, de Bobadilla et d'Ovando.
Un ex-lieutenant de vaisseau à bord de la Santa Maria^ Barthélémy Roldan, avait dû à Colomb une fortune rapide et considérable ; commencée dans les mines, elle s'était développée dans de multiples entreprises. Les maisons des quatre principales rues de Saint-Domingue lui appartenaient ; il venait de les faire bâtir. Ces constructions l'avaient mis longtemps en rapport
avec tous les ouvriers de la ville; ils Taimaieiit; il exerçait sur eux et sur ses locataires une très grande influence ; il leur parla et les émut en faveur de l'amiral. Les franciscains agirent dans le même sens sur le peuple. Ils firent dans leur église des prières publiques pour Colomb ; du haut de la chaire, ils plaidèrent sa cause, s'exprimant sans réticence sur l'incurie d'Ovando. En présence de ces manifestations, Ovando ne pouvait plus différer l'envoi d'un navire à la Jamaïque ; il expédia un brigantin. Huit mois après le départ de Mendez et de Fieschi, les naufragés de Santa-Gloria, virent, un soir, comme la retraite allait sonner, un petit bâtiment jeter l'ancre assez loin de leurs tristes pontons. Ce mouillage à distance les surprit avec raison. La surprise de Colomb fut plus grande et sa douleur cruelle , lorsque la chaloupe du brigantin se fut approchée des caravelles : le capitaine du brigantin, qui la commandait lui-même, Diego de Escobar, était un scélérat insigne, autrefois condamné à mort pour sédition à main armée contre l'amiral, puis gracié par Bobadilla. Évidemment, Ovando n'avait pu choisir un tel messa.q'er, que dans une intention offensante pour Colomb. Il l'avait choisi, dit Las Casas, parce qu'il était certain que les antécédents d'Escobar fermeraient son cœur à tout sentiment de commisération. Il lui avait ordonné de ne point aller à bord des caravelles, de ne point mettre le pied à terre, de ne communiquer qu'avec l'amiral, de n'accepter de lui aucune lettre qui ne fût pas pour lui, gouverneur. Escobar fut fidèle à ces ordres. Après avoir accosté les caravelles le temps nécessaire pour faire passer un pli au bout d'une gaffe, un baril de vin et une moitié de porc au bout d'une corde, il éloigna sa chaloupe pendant que Colomb écrivait sa
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réponse à Ovando. ^.11, s'approcha de nouveau pour prendre cette réponse, puis, poussant encore, regagna son^;,brigantin qui leva l'ancre, mit à la voile et disparut.
Ni l'amiral ni ses compagnons n'en pouvaient croire leurs yeux. Une lettre , un baril de vin , la moitié d'un porc, c'était tout ce qu'après huit mois, leur envoyait Ovando ! Son messager communiquait avec eux comme avec des pestiférés, et se hâtait de s'enfuir! Escobar, à la vérité, avait dit que le gouverneur prenait une vive part à leur infortune ; qu'il regrettait de n'avoir pas sur rade un navire assez grand pour les prendre ; qu'il leur en expédierait un le plus tôt possible ; mais dans de pareilles circonstances, un pareil message exécuté de la sorte, ne pouvait être regardé que comme une moquerie et une menace. Colomb ne s'y trompa pas. Toutefois, communiquer ses douloureuses impressions à son entourage eût été plus qu'inutile. Il aima mieux, avec raison, feindre une confiance qu'il n'avait pas. Il insista près de ses compagnons troublés et irrités, sur ce fait, que leur situation était connue à Saint-Domingue; leur délivrance, par conséquent, devenait certaine. Intérieurement, des inquiétudes d'autant plus vives agitaient l'amiral, que si, d'une part la conduite d'Ovando l'autorisait à tout craindre, d'un autre côté, depuis huit mois, la situation, à Santa-Gloria, s'était cruellement empirée.
Après le départ de Mendez et de Fieschi, les Espagnols restés sur l'île s'efforcèrent de croire, contre toute apparence, à la traversée heureuse des deux pirogues. Calmes, les premier s jours, leurs regards se tournèrent vers l'Océan, plus attentifs, à mesure que ^^'ccoulait le temps qu'ils estimaient nécessaire à Fieschi pour aller
et revenir. A l'anxiété succéda le découragement. Et qu'on juge de leur désespoir, lorsqu'après des semaines et des mois, ne voyant pas paraître le moindre esquif, ils durent tenir pour certain qu'on ignorait leur sort à Hispaniola ; que Mendez et Fieschi avaient par conséquent péri en route.
Cependant, l'insuffisance et la nature débilitante des vivres produisirent leur effet inévitable. Des tempéraments appauvris par les privations prolongées et les fatigues excessives d'une laborieuse navigation, n'avaient pour se soutenir et se refaire, sous ce climat énervant, au milieu des assauts continuels d'une vie d'appréhensions et de transes, que de l'eau à boire, des racines et des fruits à manger. Les hommes les moins robustes tombèrent en langueur et s'alitèrent. L'amiral ne quittait, pour ainsi dire, plus sa douloureuse couchette. Agonisant, sur une côte sauvage au milieu de ces Indes qu'il avait découvertes ; emprisonné sur des débris de navires, les glorieux instruments de ses conquêtes; trahi par la mer, le constant objet de ses nobles prédilections; atteint, jusque dans ces lointaines solitudes par la haine des indignes représentants de l'Espagne, sa patrie adoptive, dont il faisait la gloire et la richesse ; réduit à l'assistance précaire de tribus capricieuses dont l'amitié pouvait, d'un instant à l'autre, et pour la cause la plus futile, se changer en hostilité sanguinaire, il buvait, jusqu'à la lie, la coupe à la fois de la malice humaine et des revers accidentels. Il serait consolant de penser, qu'il fut, du moins, plaint et réconforté par les compagnons de son désastre. Ils le voyaient, cassé par l'âge, endolori parles infirmités, souffrir plus qu'aucun d'eux de leur commun malheur, et ne pas cesser, dit Washington Irwing, de s'occuper des moyens d'améliorer leur
sort. Sa vieillesse, sa gloire, et sa bonté eussent dû les attendrir. Il n'en fut rien.
Au nombre des officiers de Colomb se trouvaient deux protégés des bureaux de l'Ordonnateur, Diego et François dePorras. Leur sœur avait épousé Morales, trésorier royal à Séville, l'un des principaux collaborateurs de Fonseca. Morales avait prié l'amiral d'emmener ses deux beaux-frères avec lui dans ce quatrième voyage. N'avait-il eu en vue que de leur procurer un emploi? Était-ce un moyen, pour Fonseca, de placer deux hommes à lui dans l'entourage de Colomb? Toute la conduite des Forras autorise cette dernière supposition. François eut le commandement du Saint- Jacques de Palos^ Diego, le titre de notaire de l'escadre. L'amiral les traita avec une bienveillance de père. " Aucun d'eux, dit-il, n'avait les talents nécessaires pour ses emplois, „ il ferma les yeux " po^r l'amour de celui qui les lui " avait donnés . „ Durant tout le voyage, " ils se mon- " trèrent de plus en plus vains de leur position „. Il leur pardonna " des manquements qu'il n'aurait point " passés à un parent et qui méritaient une autre puni- " tion que des réprimandes „ .
Ils exploitèrent la simplicité d'esprit et les chagrins de matelots et de maîtres qui, étant comme eux, de Séville, voyaient des oracles et des puissances dans les beaux-frères d'un trésorier royal, esclave lui-même de sa femme, réputée l'une des beautés de l'Andalousie. Les Porras insinuèrent d'abord, puis osèrent affirmer que l'amiral était banni, non seulement d'Espagne, mais encore des colonies. Ils rappelèrent, comme une preuve, la défense qui lui avait été signifiée, l'année précédente, de se mettre à l'abri dans le port de Saint- Domingue. Diego de Porras, le notaire, bien qu'il fût
à son premier voyage, invoquait, avec pédanterie, sa science nautique. Il eût été, disait-il, si rationnel et si court, lorsqu'on était à Cuba, de se rendre directement du cap Sainte-Croix à Saint-Domingue; est-ce que l'amiral, au lieu de manœuvrer dans ce but, en vrai marin qu'il était, fût venu maladroitement s'échouer à la Jamaïque, si la terre d'Hispaniola ne lui eût pas été fermée? On avait donc bien tort de prendre au sérieux l'envoi de Mendez et de Fiesclii avec la prétendue mission d'organiser la délivrance. Ils étaient partis pour arranger les affaires personnelles de l'amiral et négocier sa grâce. Quant à revenir ou envoyer un bâtiment, l'ordre qu'on avait paru leur en donner était une simple ruse, afin que les équipages, dans le fol espoir qu'on allait accourir à leur secours, consentissent à partager indéfiniment l'exil de Colomb. Au surplus, une vaine attente de plusieurs mois n'établissait-elle pas surabondamment, ou que les pirogues n'étaient pas parties avec la mission réelle d'envoyer des secours, ou qu'elles avaient péri en route? Dans les deux cas, pourquoi languir davantage inactifs? Pourquoi ne pas se délivrer soi-même ? Pourquoi ne pas recruter sur l'île, une flottille de canots indiens et prendre la mer tous ensemble? Sans doute, on n'y déterminerait pas l'amiral : vieux, impotent, perclus, une pareille résolution était au dessus de ses forces. Et puis, que lui importait à lui, le lieu où il attendrait, soit la mort, soit son pardon, pourvu qu'il n'y demeurât pas seul : son souci était moins de quitter Santa-Gloria que d'y retenir les autres. Mais on pouvait partir sans lui, malgré lui. En serait-on moins bien reçu en Espagne? Au contraire : TOrdonnateur, affirmaient les Porras, se réjouirait sincèrement de tout ce qu'on aurait fait
contre Colomb. Ils se portaient garants, eux et leurs puissants amis de la cour, de l'impunité pour tout le monde. Ils citaient l'exemple de la sédition 'de Eoldan : ils en concluaient, avec une logique incontestable, que, entre des mutins et l'amiral, la faveur des gens en place serait toujours pour les mutins. Ils allaient même plus loin : ils insinuaient, dit Washington Irwing, que Leurs Majestés, après lui avoir ôté, dans cette occasion, une partie de ses dignités et de ses privilèges, seraient bien aises d'avoir un nouveau prétexte de le dépouiller du reste. „
Ni l'affliction légitime de ses infortunés compagnons, ni les coupables efforts des Porras pour changer la tristesse en mécontentement et le mécontentement en révolte, n'échappèrent à l'attentive surveillance de l'amiral. Il se vit outragé en plus d'une circonstance ; il s'entendit reprocher avec une insolence ingrate d'être la cause du malheur de tous. Mais il était " accoutumé, dit Wahsington Irwing, à l'injustice des hommes qui souffrent, et, instruit par des épreuves continuelles, à dompter ses passions. „ Tout ce que la résignation d'une âme pieuse a de digne et de bon, lui était familier. Les moyens de répression lui manquaient. La plus calamiteuse des fautes eût été d'entrer dans la voie des rigueurs disciplinaires : c'eût été fournir de nouveaux motifs d'irritation, sans paralyser l'action des meneurs. Une sorte de conviction intuitive lui faisait croire à l'heureux succès de la traversée de Mendez, et au mauvais vouloir d'Ovando : ce mauvais vouloir, par la force des choses, aurait bientôt un terme. Gagner du temps, calmer les esprits, donner l'exemple de la patience et de l'espoir, parler avec douceur, agir avec dévoûment, c'était le seul parti qui s'offrît à Colomb.
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De temps à autre, il réunissait ses officiers en conseil ; il leur demandait s'ils imaginaient quelque moyen de sortir de leur affreuse situation : il n'en voyait aucun quant à lui, hors la fermeté dans une attente aussi nécessaire que pénible ; mais il était prêt à se ranger à toute opinion différente de la sienne, qui serait jugée praticable par le conseil.
Si les Porras eussent été gens d'honneur, ils se seraient alors expliqués. Ils se turent toujours. Deux autres officiers entrèrent dans leur complot : Pedro Ledesma et Juan Sanchez. Le premier, parti comme matelot, promu en cours de campagne pour l'acte hardi que nous avons rapporté , esprit sans culture , natif de Séville, était, à tous ces titres, très accessible aux suggestions des beaux-frères du trésorier royal. Le second, affilié lui aussi à la coterie de Séville, était coupable d'une faute dont le souvenir irritait son amour-propre inintelligent : c'était lui qui avait laissé s'évader Quibio, après en avoir répondu avec d'inutiles rodomontades. Autour de ces quatre chefs se groupa peu à peu tout ce qui, dans les équipages et la maistrance, appartenait à Séville. Les conjurés convinrent qu'on attendrait des nouvelles d'Hispaniola jusqu'à l'achèvement complet de cette année 1503, mais que, dès les premiers jours de l'année suivante, si l'abandon durait encore, la révolte éclaterait.
Elle éclata le 2 janvier 1504. L'amiral étendu sur sa couchette, souffrait, ce jour-là, plus encore que de coutume, d'un accès de goutte. Tout à coup François Porras ouvrit la porte de la cabine avec la brusque effronterie de l'homme qui cherche à se donner du cœur pour un mauvais dessein. " Il paraît, amiral, dit-il à Colomb, " que Votre Seigneurie ne compte pas reto^irner sitôt
oU LA VIE DE CHRISTOPHE COLOMB.
" en Castille et qu'elle a résolu de nous faire périr ici. „ Colomb fut aussi surpris de cette insolente apostrophe " que si les rayons du soleil avaient produit les ténè- " bres. „ Cependant il maîtrisa son émotion. Se soulevant avec peine sur son lit, il condescendit à raisonner avec Porras. Était-il possible, lui demanda-t-il, de quitter la Jamaïque sans navires ? Il en avait envoyé chercher à Hispaniola, il les attendait et ne pouvait rien faire autre chose. Nul ne désirait plus que lui quitter ce lieu d'exil et de souffrance. N'en imaginant pas le moyen, il avait provoqué, à maintes reprises, les ouvertures de tout le monde à ce sujet. Il était prêt, comme toujours , à discuter tous les expédients. Si Porras en avait un en vue, le conseil allait s'assembler sur-lechamp.
Porras faisait moins une démarche qu'il ne donnait un signal. Il répondit grossièrement qu'il ne s'agissait plus de délibérer, mais de partir. Tournant le dos à l'amiral, élevant la voix de manière que ses paroles fussent entendues dans tout le campement : Moi, dit-il, je vais en Castille; qui m'aime me suive! Ses aiïidés, groupés et se rapprochant peu à peu, n'attendaient que cette mise en demeure ; ils répondirent confusément : Moi 1 moi ! Et sans plus d'hésitation, se ruèrent sur les magasins ; ils pillèrent les armes et les objets d'échange. La plupart vociféraient : Castille ! Castille! D'autres, menaçant les gens de l'amiral, répétaient : A mort ! à mort! Ceux qui n'avaient pas encore pris parti demandaient : " Seigneur amiral, que ferons-nous? „
Au milieu de ce tumulte, l'amiral essaya de sortir de sa cabine; mais il était perclus, il tomba, se releva, retomba encore, et persista cependant à vouloir se porter sur le lieu du désordre. Sou jâls, ses officiers, ses servi-
teurs durent le prendre dans leurs bras et le replacer sur son lit.
L'Adelantado était dans sa chambre lorsque le tumulte éclata. Il saisit sa lance, vola sur le pont, et se postant près de la pompe, il eût livré, seul, un combat terrible à la bande entière , pour peu qu'elle eût essayé de se rapprocher de la cabine de son frère. Ce ne fut qu'avec la plus grande peine que plusieurs de ceux qui étaient restés fidèles à leur devoir parvinrent à calmer sa fureur, et le décidèrent à déposer sa lance et à se retirer près de l'amiral. Ils représentèrent en même temps aux Porras qu'on les laissait faire et prendre ce qu'ils voulaient. Pourquoi ne s'en allaient-ils pas? Que leur servirait de causer la mort de l'amiral? La justice de la Reine les en châtierait sévèrement en Castille. Les Porras s'emparèrent de tous les canots qui étaient, à bord. L'amiral avait acheté ces canots aux Indiens moins pour s'en servir que pour ôter à ses fantasques alliés un dangereux moyen d'attaque contre les baraquements. Les insurgés partirent en poussant des cris forcenés : leur bande comptait quarante-huit hommes, les plus robustes des quatre équipages.