‹ La vie de Garnison pièce en deux actes mêlée de chantChapitre 50 sur 54 · FER · texte numérisé non relu

FER

BENRIETTE.

Urbain, mon ami L

URBAIN

AhI te voilà enGn I... où est ton père?

HENRIETTE

Je ne sais, il était là, tout à iheure, il devait retourner chez le lieutenant-colonel, pauvre cher grand-père I Comme il est bon I Gomme il m’aime I

URBAIN

Ainsi le colonel a refusé?

HENRIETTE

Oui. . ' '

URBAIN

Plus d’espoir, alors.

HENRIETTE

Hélas!

URBAIN

Écoute, Henriette, je ne pourrais plus te quitter maintenant que je l’ai revue ; nous sommes Gancés dès l’enfance, nous nous sommes toujours aimés, rien ne peut plus, rien ne doit plus nous séparer.

HENRIETTE

Y penses-tu, Urbain ?

URBAIN

Tu vas partir ce soir, et demain je t’aurai rejointe.

Mais, c’est impossible!

URBAIN

Henriette, je l’en prie, je l’en conjure.

HENRIETTE

Mais tu es fou, malheureux, tu vas donc te perdre?...

* Urbaio, Henriette. . . .

URBAIN

Eh bieni oui, je suis fou, mais je ne puis plus vivre ainsi sans toi, el s^il faut que lu pqrtes demain... que je te ' perde encore. .. Oh I je ne sais pas ce que je ferai.

HENRIETTE

Mon Dleul

URBAIN

Je déserterai! ... je me ferai casser la tête... je n’attendrai pas trois ans, je me tuerai plutôt!

HENRIETTE

, Urbain! Tu ne feras pas cela.

Si, je le ferai, je te jure, j’y suis décidé.

HENRIETTE, roulaol sortir.

C’est bien 1 ‘

' URBAIN, élODD^, . : .

Où vas-tu?

HENRIETTE

Chez le colonel I

URBAIN

Pourquoi?

HENRIETTE

Laisse-inoi.

URBAIN

Non, je veux savoir.

HENRIETTE

Eh! bien, ce matin, le colonel a dit qu’il conseDtirait à notre mariage.

URBAIN

Si.. . c’était une réparation !

HENRIETTE

Abl tu sais?...

URBAIN

Oui, je le sais... Pourquoi donc revoir cet homme ?

Pour 'te sauver, Ujfbain !

URBAIN

Comment?

HENRIETTE

Je lui dirai... je lui dirai, qu’il faut qu’on nous marie... que je n’ai pas su me défendre contre ton amour.

URBAIN

Toil... lu diras cela?

ALiE DECXIEME

i)BMRIETTB.

Oui, je lui dirai I...

IIRBAIN,

Maia^’est un mensonge infàmo I

HENRIETTB.

Qu’esl-ce que ça fait, si je le sauve.

URBAIN

.A ce prix!... déshonorer ma femme en laissant croire qu’elle est ma maîtresse, jamais !

HENRIETTE

Urbain, mon Urbain 1

Jamais, te dis-je 1 Tu as pu croire que je consentirais jamais à cela... Allons donc ! mais ce serait une infamie... mais, tu ne m’estimerais plus. Tu ne m’aimerais plus 1.., On ne déserte pas son honneur.

HENRIETTE

Tu voulais bien déserter ton drapeau, toi ?

URBAIN

Tu as raison, oui, c'était une lâcheté. Eh bien! je me tuerai, voilà tout ! - .

HENRIETTE *

Te'tuer 1... mais tu me rends follel mais je t’aime, men Urbain, et je ne veux pas que tu meures... non, mon parti est pris. J’irai me jeter aux genoux du colonel, je lui dirai... Eh bien, je lui dirai que je suis ta maîtresse.

URBAIN

Henriette I

UICHAUD, entrant par la fond.

Sa maîtresse! malheureuse 1

HENRIETTE “

Mon père!..

UICHAUD, d’une voix entrecoupée, qoi e’anime par degrés.

Malheureuse I... C’est donc vrai !...

HENRIETTE

Ohl non!...

UICHAUD.

NonI quand tu viens là d’avouer...

* Henriette, Urbain.

" Henriette, Michaud, Urbain. ' .

HENRIETTE

Laissez-moi VOUS direl... .

UICHAUD.

Arrière ! ^ ■

HENRIETTE

Mon père t

HICHAUD, aT6C éclat.

Moi, ton pèrel (ii la «ecoue.) moi ?... C’était bon ça, quand je le croyais une honnéle fille; mais aujourd’hui, je le défends de m’appeler ton père, èiUends-lu?...

URBAIN

Michaud ?

MICHAUD

Je ne suis pas ton père, moi. Ton père, c’est celui qui a tué mon enfant, va le chercher, je ne te connais plus.

U la.poiuse Tiolcmment. Téte-de-fer*, qui est entré depuis un momeut' s’étauee et reçoit sa 611 e dans ses bras.

' TâTE-DB-FBR, d’une Toix terrible.

Michaud I

UICHAUD, an comble de rezaspération.

Ah! c’est toi, tu arrives bien... écoute, tu vas être mon témoin... j(Se retournant vers Urbain.) Tu VOis bien c’t hommC là... Eh bien, c’est un lâche I

URBAIN

Michaud I...

UICHAUD.

Pis que cela, c’est un voleur! (a Téte-de-Fer, s’attendrissant.) Car j’avais qu’elle, vois-tu... (Se tournant vers Urbain.) Mais faut pas croire que ça va se passer comme ça, toi, faut pas croire 1... Je suis encore bon là, enlends-tul... et... (ii aété et

Tenu pendant ces dernières paroles, U aperçoit & ce moment le sabre que Barbançon a laissé près do poteau du fond et s’élance dessus.) El tiens,

j'ai pas pu rejoindre l’autre, c’est vrai, mais toi tu vas payer pour deux...

HENRIETTE, se dégageant des bras de Tdte-de*Fer, se jette avec un cri dans les bras d’Urbain **. /

Urbain !

Au moment où Idieband s’est emparé du sabre, Téte-de-Fer s’élance sur lui et l’arrête, le sabre tombe des mains de Richaud qui s’éranonit, Tète* de-Fer le soutient et l’assied è ia table. Silence, musique. Il revient è loi peu à peu et se trouve assis b la table de jeu. Il regarde la table, les dés, tout le monde avec étonnement.

• Henriette, Tête-de-Fer, Michaud, Urbain.

Téte-de-Fer, Michaud, Urbain, Henriette.

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