GRACE ET BEAUTE
Ce chapitre est consacré à la beauté et aux soins qu'elle réclame.
C'est dire qu'il est fait pour toutes mes lectrices. Je n'en connais pas de laides, je n'en veux pas connaître, et j'en ai pour garant un vieux philosophe. Il disait que la femme est ainsi douée qu'elle peut toujours atteindre la beauté. Chez les plus déshéritées par la nature, la grâce opère et fait des merveilles : elle transforme le visage, idéalise les traits, et, faisant jaillir en quelque sorte la bonté et la douceur par les yeux et les lèvres, donne à l'ensemble de la figure cette beauté conquérante qu'on peut appeler la beauté de Vâme.
Voilà la beauté qu'il n'est jamais interdit de souhaiter, qu'il est toujours possible d'atteindre.
Toute jeune fille peut et doit l'acquérir. L'autre ne lui est pas interdite et est toujours désirable à son rang, mais — qu'on ne s'illusionne pas sur son compte — elle n'est pas durable, elle est exposée à bien des changements, à des surprises, à des pièges, à des malheurs.
Vous n'ignorez pas — on vous le dit à satiété ■ — que la beauté est importante à votre établissement et qu'elle constitue souvent l'argument suprême et vainqueur. Comment ne priseriez-vous pas un tel avantage, surtout quand chaque matin votre miroir vous renvoie une séduisante image ? Il est incontestable que c'est un précieux appoint pour le mariage. Autant de jolis traits attirent et captivent le cœur, autant un laid visage le repousse et le décourage. Mais rappelez-vous que la beauté est instable, fragile, à la merci d'une variole, d'une fièvre typhoïde, et gardez-vous de lui attacher plus de prix qu'il ne convient, gardez-vous surtout d'oublier que vous la tenez de Dieu. Elle ne doit pas vous enorgueillir, elle peut vous contenter, car vous savez son seul but honnête est avouable : elle est faite pour conquérir le mari de vos rêves.
L'idéal des formes est rare; et vous aurez toujours tort de croire les flatteurs qui vous disent que vous