‹ La Vie de jeune filleChapitre 28 sur 47 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Le chapitre précédent sur la sexualité réclame, comme complément, quelques notions de physiologie spéciale. Les voici auss.i succinctes que possible, assez explicites cependant pour que la jeune fille se connaisse elle-même, se rende compte de sa nature, de ses fonctions, du rôle que Dieu lui donne en ce monde.

Deux petites glandes, les ovaires, cachées à droite et à gauche dans les flancs, une poche musculeuse centrale, Vutérus, logée dans le ventre et reliée d'une part aux deux ovaires par les. pavillons ou trompes de Fallope, de l'autre au dehors par un canal, le vagin, tels sont en quelques mots les organes spéciaux de la femme.

L'ovaire est un organe gros comme une amande,

et qui contient à différents degrés de développement des millions d'ovules. Qu'es>ce que ces ovules ? Ce sont tout simplement des œufs, mais des œufs invisibles à l'œil nu, infimes, microscopiques. Tous les mois, aux époques menstruelles, un de ces ovules mûrit, se détache de l'ovaire, est recueilli par les trompes pour arriver à l'utérus. La jeune fille n'en a que faire, et l'ovule se perd ; mais plus tard, quand elle s'associera à un jeune homme dans le mariage, cet œuf aura des chances de fécondation. S'il les réalise alors, il s'arrête dans l'utérus, s'y fixe, grossit, se développe : c'est la maternité qui s'annonce, joie, bonheur et vraie grandeur de la femme.

Si la fonction de l'ovaire n'intéresse pas directement la jeune fille, celle de l'utérus présente pour sa santé et pour sa vie même une importance très grande, capitale. D'ailleurs, les deux fonctions sont étroitement liées, au point qu'on n'observe guère l'une sans l'autre : Vovulation ou chute mensuelle de l'ovule coïncide régulièrement avec la menstruation ou écoulement périodique des sangs. L'utérus a un tel rôle qu'on l'a appelé <( la boussole de la santé féminine ». C'est là que se concentre, en quelque sorte, la vie du sexe faible. Il est donc nécessaire de connaître et d'assurer son bon fonctionnement.

L'apparition des règles a lieu, nous l'avons vu, au moment de la puberté, de treize à seize ans; mais on doit savoir que la menstruation peut être exceptionnellement précoce ou tardive. Des enfants sont réglées à onze et douze ans. Nous en avons observé une qui a vu à huit ans. Inversement l'instauration cataméniale est plus ou moins retardée. On rencontre des jeunes filles de seize, dix-sept, dix-huit ans et plus qui ne sont pas (( formées )>. Leur cas n'est pas ordinaire et est justiciable d'une consultation médicale.

La jeune fille qui a eu ses premières règles est formée, mais son développement sexuel est loin d'être terminé : il se poursuit et se complète lentement. Les menstrues n'arrivent pas de suite à une période régulière, à une mensualité exacte : elles se suivent, pendant un certain temps, à des intervalles variables. Tantôt elles ont lieu tous les deux mois, tantôt la seconde ne suit la première qu'à une distance de six ou huit mois. La date d'apparition est variable, sans la moindre fixité. Ce n'est souvent qu'au bout d'un an, dix-huit mois ou deux ans que les règles sont exactement mensuelles. Les irrégularités du retour des sangs sont en rapport avec la formation qui est plus ou moins prompte et facile,

elles n'ont rien que de naturel et ne sauraient être un objet de préoccupation ou d'inquiétude pour les jeunes filles ou leurs parents.

Chez certaines fenunes — il est bon de le signaler — la menstruation présente dès le début une grande régularité, le sang vient exactement au terme mensuel. Chez toutes, une fois la fonction établie, le retour du sang a lieu non pas tous les mois, mais tous les vingt-sept ou vingt-huit jours. C'est le terme ordinaire, moyen. Les écarts, quoique fréquents, sont toujours très faibles. Jamais, à l'état physiologique, la période intercalaire n'a moins de vingtcinq jours ni plus de trente.

La durée des règles varie dans des limites assez étendues, non seulement suivant les femmes, mais encore chez la même femme : elle est de deux, trois jours à sept ou huit. Leur abondance n'est pas moins variable et dépend de conditions multiples. La quantité de aang perdu est en rapport non seulement avec la durée de l'écoulement, mais avec sa force : elle peut être considérable chez une femme qui ne voit que deux jours et insignifiante chez une autre dont les règles se prolongent pendant une semaine. On cite des femmes qui ne voient que pendant quelques lieures et ne perdent que quelques gouttes de sang,

d'autres qui dans le même temps perdent à flots, d'autres enfin dont les règles sont assez prolongées et assez fortes pour constituer de véritables pertes. La quantité moyenne du sang menstruel a été évaluée à 200 grammes : mais elle atteint facilement 500 grammes et plus sans troubler la santé et sans sortir de l'ordre physiologique.

La venue des règles chez une jeune fille bien portante est parfois précédée de quelques malaises, maux de reins, pesanteur de ventre, coliques légères; leur écoulement se fait sans douleur, et leur arrêt a lieu insensiblement. Quand la menstruation est plus gravement troublée, pénible, douloureus.e, irrégulière, quand elle est précédée ou suivie de pertes blanches, l'état général n'est pas satisfaisant, et il est bon de consulter le médecin.

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