‹ La vie de jeune garconChapitre 15 sur 56 · CHAPITRE X Hytjièiie juvénile · texte numérisé non relu

CHAPITRE X Hytjièiie juvénile

Manger, boire et dormir, telle est la triple fonction de l'animal, celle qui nous incombe au point de vue physique. Nul n'échappe à cette nécessité de nature. Mais il faut y répondre en homme, suivant les préceptes de la raison, suivant les indications de la science. La vie du corps ne doit pas être abandonnée aux instincts, aux caprices de la bête, elle veut être sagement réglée par ritygiène (i).

La table nous réclame aux heures des repas pour apaiser la faim et assurer la nutrition. Mais il importe de ne pas s'y

fi) Cf. D"" Surbled : Hygiène pour tous.

attarder avec complaisance et de ne pas satisfaire sans mesure l'appétit du palais qui est insatiable. C'est le cas de rappeler la fameuse maxime d'Harpagon : // faut manger pour vivre, et lion pas vivre pour manger. Le jeune homme doit être réservé et se pénétrer de cette idée que l'estomac est limité et que l'alimentation a ses bornes. Il ne faut être ni vorace ni gourmand, il faut manger modérément. La santé n'est assurée qu'au prix de la sobriété. Les anciens l'avaient bien compris et nous ont laissé cette formule qui dit tout en sa concision : Modicus cibi medicus sibi. Celui qui mange peu est son propre médecin.

Les excès de table entraînent les plus graves conséquences, causent non seulement les maladies de l'estomac et du foie, mais les troubles de la circulation,

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de la nutrition, mais les apoplexies et la mort même. On l'a dit justement, la bouche est plus meurtrière que la guerre : Plus occidit gula quain gladiits.

Il ne suffit pas de manger peu, il faut manger bon, à des heures régulières, mastiquer lentement, s'abstenir des mets indigestes, boire peu, être très réservé sur le vin pur, le café, se priver des liqueurs excitantes, de l'alcool sous toutes ses formes. Tout a été dit sur l'alcool. C'est un aliment, mais c'est surtout un poison mortel. Il faut en sevrer absolument l'économie.

L'intempérance est le vice odieux, dégradant, contre lequel la jeunesse doit être mise en garde. Sans doute, il est moins en faveur qu'autrefois. Mais le vin, la bière, sont des boissons toujours tentatrices ; et il faut éviter d'en

prendre avec excès. Elles agissent nocivement par Talcool qu'elles contiennent, altèrent vite l'estomac, le foie, les reins, excitent la sensibilité, détraquent le système nerveux, troublent la raison et ont de tels dangers pour le corps et Tintelligence, pour la famille et la race, qu'on ne saurait condamner trop sévèrement leur abus.

En vo5'age, en promenade, en bicyclette ou en auto, il arrive qu'on est torturé par la soif et qu'on doit se rafraîchir au premier débit de la route.

En dehors de ces occasions où le besoin veut être satisfait, on ne saurait approuver la fréquentation des cafés et des estaminets que certains jeunes gens croient encore de bon ton. Elle entraîne les excès, la paresse, les mauvaises compagnies, les relations suspectes, la désertion de la famille. Tout s'y trouve

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