LES CAMARADES
paresseux, les débauchés, les noceurs.
Ils sont légion. On les écarte nettement, dès qu'ils s'abouchent avec vous et cherchent à vous entraîner dans les excès ; et c'est assez pour qu'ils vous laissent tranquille et renoncent d'euxmêmes à votre société.
Il y a encore les indifférents, les amorphes, ces jeunes gens sans volonté bonne ou mauvaise, sans énergie propre, qui sont le grand nombre et font trop la loi aujourd'hui. Vous devez les voir et les cultiver. Ils ont encore du cœur ; et, si vous leur témoignez votre sympathie, si vous vous intéressez à leur situation, à leurs travaux, vous leur ferez partager vos sentiments, vous les amènerez à vos idées, vous les entraînerez à votre suite dans la voie du bien, vous les arracherez aux dangers du monde, vous les domi-
nerez par votre raison et votre énergie. Les abouliques réclament un guide et le suivent. Ralliez les esprits autour de vous. Ne cachez jamais votre drapeau, défendez vos convictions sans les imposer, ne faites pas parade de votre foi, mais manifestez-la à l'occasion -et n'en rougissez jamais. Ainsi vous acquerrez vite auprès des camarades l'estime, l'ascendant, l'autorité et le respect. Vous tolérerez des opinions contraires, mais vous n'aurez pas peur de leur opposer les vôtres. On sera séduit, gagné par votre franchise, par votre courage, et on viendra à vous.
Quelle victoire morale !
Vous distinguerez bientôt des camarades anciens, éprouvés. Cherchez et choisissez parmi eux vos amis, ces amis sûrs et fidèles sur lesquels on compte, et qui font le charme de la vie.