CHAPITRE III La A'oix inàlc
De tous les signes physiologiques qui accompagnent la puberté et annoncent Vhomme, l'un des plus étranges, et assurénotent le plus désagréable, est le changement ou la mue de la voix.
L'homme ne parle pas comme l'enfant. Le premier a la voix grave, le second la voix aiguë. L'une est forte, l'autre grêle. Et il faut dans la crise de la puberté qu'un agrandissement des différentes pièces du larynx se produise à l'effet de baisser la voix d'une octave ou plus.
Cette transition est plus ou moins rapide, plus ou moins facile. L'émission des sons peut être pénible. Avant
d'être bien assise, forte, pleine et juste, la voix est assez longtemps inégale, chevrotante, rauque et criarde par moments : c'est une voix de fausset ou de polichinelle, qui hésite à se produire, qui ne laisse pas que d'être choquante pour autrui et pour soimême. Mais qu'y faire ? C'est une petite épreuve, et il faut la subir. On n'arrive que par là à la voix pleine de l'adulte.
La voix mâle s'installe vite, complètement et sans heurt chez certains garçons; mais, chez d'autres, elle joue de mauvais tours et met de longs mois à se faire. Ces pauvres éphèbes sont malheureux, ils souffrent de leur disgrâce, de leur phonétique inégale, des alternatives de timbre et d'intonation parfois grotesques et risibles. Qu'ils se rassurent, du reste, leur ennui n'aura