LA VIE INTERIEURE I3I
celui qui se laisse aller à un examen rapide et mécanique, à un exercice journalier qui répond à l'usage, mais que ne soutient plus l'esprit en éveil! Mieux vaut s'abstenir de l'examen que de le mal faire. L'homme qui aime son âme se garde d'un tel travers : il donne toute son attention à un acte essentiel; il aime, à tout moment libre, à repasser les actions de sa vie, à les comparer à ses devoirs, et il ne cesse jamais de mettre sa conduite en harmonie avec ses convictions, en règle avec la loi morale.
Fort de sa conscience, en paix avec soi-même, on est moins exposé aux heurts de la vie ou, du moins, mieux disposé à les subir avec courage, on est comme assuré contre l'adversité.
Les accidents les plus inattendus et les plus graves ne sauraient troubler la
sérénité de rame qui se trouve revêtue du triple airain, de la triple cuirasse dont parle Horace, parce qu'elle se possède et est sûre de sa voie.
Cette force d'âme est précieuse, elle est nécessaire pour supporter sans faiblir les traverses et les deuils de la vie. Et c'est la foi qui l'engendre et la nourrit en nous apprenant à mépriser les vils intérêts et à ne nous attacher qu'au seul nécessaire, unuin necessarium, à Dieu et à sa loi.