CHAPITRE XIX Fuite des occasions
Loccasion fait le larron. Vieux proverbe dont l'expénence de la vie démontre toute la vérité. Gravons-le profondément dans notre esprit. Il nous rappellera utilement le devoir, qui est d'éviter le mal, de fuir ses occasions.
Nous resterions bons, sérieux, indéfiniment honnêtes, si les occasions ne se présentaient pas, tentantes, pressantes, de satisfaire nos passions et de violer la loi de Dieu. Ces occasions sont le grand obstacle à la vertu ; mais elles sont incessantes., inévitables.
C'est donc pour nous un impérieux devoir, non seulement de ne pas les
chercher, mais de les fuir résolument partout et toujours.
A cette fm, il faut vouloir fortement, avec une persévérante énergie. La volonté exerce ici sa plus nécessaire action, son plus salutaire office : elle nous éloigne du danger ou nous arme contre lui, elle nous protège et nous maintient dans l'honneur.
C'est la volonté qui nous fait écouter les avis des parents et des maîtres, qui nous amène à réformer notre caractère, à améliorer notre conduite, à corriger nos défauts, à écarter de notre route tous les obstacles qui sont des occasions de mal.
C'est la volonté qui nous retient sur la pente si douce et si glissante de la passion dominante, du péché mignon, et nous enlève les occasions où nous aurions tant de chances de tomber.