‹ La vie de jeune garconChapitre 52 sur 56 · CHAPITRE XXII L'aven il · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII L'aven il

On aime à vous répéter, jeune garçon, et vous n'êtes pas mécontent d'entendre que vous êtes l'avenir. C'est vrai, de belles espérances reposent sur votre tête, et tout votre avenir est dans vos mains.

Mais quel avenir sera le vôtre ? C'est la -question palpitante, la seule importante.

Aurez-vous une vie longue, heureuse, riante ou, au contraire, une vie courte, sombre , semée de chagrins et de deuils ? C'est le secret de Dieu.

D'ailleurs, courte ou longue, qu'importe? Sera-t-elle bonne, consacrée au service du bien, ou mauvaise, vouée au

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vice et à ses turpitudes ? C'est la seule question capitale, et la solution dépend de vous. Vous pouvez, en grande partie, balancer les influences contraires et régler votre sort. Tout dépend de votre décision. Vous aurez une bonne ou une mauvaise destinée, suivant l'orientation que vous donnerez à votre vie.

Llioinme , dit nettement l'Esprit- Saint, est dans la main de son conseil. Vous pouvez à votre gré vous perdre ou vous sauver, prendre la mauvaise route ou suivre la bonne. N'hésitez pas, choisissez celle-ci, quelque étroite qu'elle soit, quelque rude qu'elle paraisse, et vous ne le regretterez jamais.

A votre âge, avec des idées justes, avec une volonté droite, l'avenir qui s'ouvre devant vous est beau, plein de

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promesses. Quelle brillante perspective se présente à votre activité, sollicite votre esprit et fait palpiter votre cœur !

C'est d'abord, au bout d'études profitables, la carrière que vous êtes destiné à embrasser et qui remplira votre vie.

Que vous preniez une profession libérale, que vous entriez dans les affaires, que vous soyez ouvrier, cultivateur, industriel ou propriétaire, vous aurez toujours une fonction à remplir, un travail à produire, des responsabilités à prendre, vous rendrez service à vos semblables, vous honorerez votre nom et votre pays.

L'avenir, c'est encore le foyer que vous fonderez un jour avec une jeune fille, c'est la famille que vous édifierez ensemble et qui sera à la fois une charge et un bonheur.

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L'avenir, c'est la société à laquelle vous contribuerez. Dans quelque position que vous place la Providence, vous serez utile. Chacun, ici-bas, a sa mission à remplir. Et votre action individuelle ne sera pas perdue, elle peut et doit être puissante pour le salut social. Ah ! ne dites pas que vous n'avez pas d'ambition, que vous voulez vivre obscur et ignoré ! Jamais un tel propos ne sortira délibérément de vos lèvres, parce qu'il serait d'un égoïste et d'un lâche. Vous êtes un homme, vous serez à la hauteur de votre rôle. Après avoir rempli vos devoirs de famille, vous vous donnerez généreusement aux saintes causes de la justice et de la liberté, qui sont aujourd'hui si odieusement attaquées, trahies et vilipendées. Vous les servirez noblement toujours pour Dieu et pour la patrie, au

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risque de vos intérêts et, s'il le faut,

au péril de votre vie.

Votre qualité de citoyen libre et responsable vous sera précieuse. Il n'y a pas de situation, si modeste qu'elle soit, où vous ne puissiez la revendiquer avec profit. Si vous n'êtes pas appelé à la vie publique, aux grands rôles de la politique ou même aux humbles postes de conseiller municipal, vous aurez toujours à faire valoir vos droits d'électeur, de contribuable, de père de famille , vous pourrez toujours défendre les bons principes dans votre entourage, parmi vos relations, et, au besoin, dans les réunions, sur la place publique, dans la presse, dans les journaux, dans les revues, dans les livres. C'est ainsi que vous ferez tout votre devoir; et, si vos efforts n'obtiennent pas de suite de résultat,

n'ont pas le succès attendu, ils ne seront pas stériles, croyez-le, car vous aurez jeté la bonne semence dans les esprits, remué l'opinion, frayé la route aux idées saines et préparé ainsi à votre cause et à votre pays la décisive revanche de l'avenir.

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